CFTC Paris | A l’heure de pointe dans les transports en commun, la mauvaise humeur n’est pas inéluctable
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A l’heure de pointe dans les transports en commun, la mauvaise humeur n’est pas inéluctable

A l’heure de pointe dans les transports en commun, la mauvaise humeur n’est pas inéluctable

Chronique de J. THOUVENEL du 05.06.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Je ne sais si vous avez la chance de pratiquer les transports en commun parisiens le matin, aux heures de pointe.

 

Si c’est le cas, vous connaissez peut-être, Gare de Lyon, cet agréable carrefour entre lignes RER et ligne 14 du Métro.

 

Bien que récent, l’aménagement est visiblement sous-dimensionné pour les milliers d’usagers qui tentent de s’y croiser.

 

Quand après avoir affronté les aléas du parcours :

« En raison de la défaillance d’un aiguillage, les trains en provenance du nord de la ligne auront 20 mn de retard »

« Suite à la panne d’une rame en gare de Villeneuve-St-Georges, le trafic est très perturbé sur l’ensemble de la ligne »

« Le train ROBO de 7 h 10, en provenance de Melun est annulé suite à l’absence de conducteur ». Si, si, je vous assure. Je n’invente rien. Nous avons déjà eu cette annonce. Toutefois moins fréquente que :

« En raison d’un colis suspect à la station « St Paul », le trafic est interrompu pour une durée indéterminée sur l’ensemble de la ligne »

« Du fait de l’intrusion d’individus entre Châtelet et Gare du Nord, le trafic est interrompu sur les lignes B et D du RER. Veuillez emprunter les correspondances ».

 

Contournant les colis suspects, évitant les intrusions des individus, surmontant les pannes, annulations, incidents techniques et grèves perlées, vous êtes arrivé Gare de Lyon.

 

Reste à franchir l’octroi électronique, en trouvant le tourniquet qui fonctionne, non bloqué par une mère de famille coincée avec sa poussette, ou un touriste aventureux avec sa valise.

 

Enfin, arrivé de l’autre côté, le flot descendant des voyageurs, excédés,  tente de franchir le rideau mouvant des usagers montant et stressés !

 

Inutile de vous dire que le coup de coude et de sac à main sont fréquents. Les mots doux habituels et les regards peu amènes.

 

Tous les matins, se rejoue le « touche pas à mon espace vital » dans une ambiance peu fraternelle.

 

Mais pas ce matin !

 

Les voyageurs s’arrêtaient, faisaient silence ; j’ai vu un couple qui ne s’était pas adressé la parole dans le train, se prendre par la main ; les jeunes à casquettes, jeans sur les fesses et parler haut, se taire. Tout d’un coup, attentifs ! J’ai même vu un cadre, façon sourire carnassier, bronzage artificiel et sacoche de luxe à la main, essuyer discrètement une larme au coin de l’œil.

 

La raison de ce petit miracle : six violons et trois violoncelles interprétant Mozart.

 

Visiblement, chacun à sa façon ressentait l’appel du beau dans cet univers froid, bétonné, envahi par la publicité ; quelques notes de musique ouvraient d’autres perspectives, interpellaient la sensibilité de tous, apportaient une touche d’humanité.

 

Un petit bout de ciel en sous-sol.

  

A la semaine prochaine !