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Ainsi soit je

Ainsi soit je


Chronique de J. THOUVENEL du 09.04.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Montée des égoïsmes, prédominance de l’individualisme, deux maux dont souffre notre société. Les droits l’emportant sur les devoirs.

 

Pour les uns, c’est le droit de se verser des salaires pharamineux sans justification économique autre que leur rapacité, pour les autres l’envie d’enfant passe avant le droit de l’enfant à avoir un père ET une mère.

 

« J’y ai droit ! » Devient plus qu’un leitmotiv ou une revendication, c’est un mode de vie, une sorte de réflexe pavlovien.

 

La voirie doit être impeccable, mais les camions poubelles ne doivent pas gêner MON repos ou entraver MA circulation.

 

Je dois pouvoir jouir de mes temps de loisirs, partir en week end, mais les salariés du commerce doivent trimer en nocturne ou les dimanches pour que je puisse consommer sans gêne si l’envie m’en prend.

 

L’univers existe, je l’ai rencontré, il tourne autour de mes pulsions et de mon nombril.

 

Cet effarant fonctionnement est fortement favorisé par les « modèles » véhiculés par les principaux médias, à commencer par ces émissions dites de télé-réalité où le but ultime est d’éliminer l’autre par tous les moyens, l’hypocrisie et la fourberie n’étant pas les moins recommandées.

 

C’est toute la société qui est entrée dans un cercle suicidaire où la notion de bien commun disparaît submergée par l’empilement des égoïsmes individuels et catégoriels.

Cette dérive touche tous les secteurs de la société à commencer par le monde économique et social.

 

Vous me direz, qu’un certain nombre de petits villages gaulois résistent et que bien des familles inculquent à leurs enfants d’autres valeurs que celles de l’air du temps.

Il existe même des institutions qui revendiquent un projet éducatif visant à « aider le jeune à devenir adulte » en s’appuyant sur des exigences fondamentales de loyauté, de justice, de respect des autres.

 

C’est généralement le cas des écoles catholiques qui affirment de façon fort louable dans leur projet éducatif que l’école doit être un lieu de rencontre avec Dieu et un milieu de vie chrétienne. Très bien !

 

Mais alors comment expliquer par exemple que dans un collège qui affiche 100% de réussite au brevet, il n’y ait dans une classe de 3ème que deux participants sur 30 élèves pour le bol de riz du Vendredi Saint ?

 

La course à la réussite matérielle ne lemporterait-elle pas sur le projet éducatif ? 100% de réussite au brevet, mais que 2 élèves qui sacrifient un déjeuner pour faire un don à une association caritative, ne serions nous pas à un taux d’échec de plus de 93% ? Sans que cela ne semble traumatiser, ni même intéresser, la direction. Un peu de confort personnel remis en cause au profit des plus démunis et après 4 ans d’exercices du projet éducatif deux concernés pour 28 indifférents.

 

Car l’essentiel, c’est d’intégrer de ces admirables lycées d’excellence où se fabriquent en série nos élites égoïstes de demain.

 

N’est-ce point là, aussi, participer à la montée des égoïsmes et à la prééminence de l’individualisme ?

 

A la semaine prochaine.