CFTC Paris | Assistants parlementaires: réaction de Gonzague de Chantérac responsable CFTC à l’Assemblée.
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Assistants parlementaires: réaction de Gonzague de Chantérac responsable CFTC à l’Assemblée.

Assistants parlementaires: réaction de Gonzague de Chantérac responsable CFTC à l’Assemblée.

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Le Grand Décryptage du 21/03/2017 par CNEWS

 

Lu dans le Parisien du 22 mars 2017

Depuis plusieurs années, les petites mains du Parlement se battent pour l’obtention d’un statut à part entière. Selon deux syndicalistes que Le Parisien – Aujourd’hui en France a joints, cette clarification permettrait d’éviter les abus et… les soupçons d’emplois fictifs. Pour eux, Myriam El Khomri pourrait être un recours.

Ils sont là pour assister les 577 députés dans leur mandat et sont recrutés par les députés directement. Mais les quelque 2.000 collaborateurs parlementaires ne bénéficient pas d’un statut clair et leurs missions sont peu définies, comme en attestent les affaires Fillon et Le Roux. Thierry Besnier, secrétaire général du Syndicat national des collaborateurs parlementaires (SNCP-FO) et attaché d’une députée PS, lance un appel à la ministre du Travail, Myriam El Khomri, pour qu’elle prenne des mesures et impose un vrai statut. Pour lui, la transparence dans l’emploi des petites mains du Palais Bourbon «dépend du droit du travail» : il faut définir les missions avec une fiche de poste et des modalités salariales, proches de celles d’un employé du privé.

Même son de cloche pour Gonzague de Chantérac, représentant de la CFTC des collaborateurs parlementaires, et conseiller d’un député LR. Pour lui, un statut clair des assistants parlementaires doit imposer entre autres une grille des salaires. Il préconise par ailleurs la création d’une commission administrée par le déontologue de l’Assemblée et qui donnerait une recommandation sur le recrutement d’un assistant parlementaire. L’employeur resterait le député.

Mais les deux représentants des syndicats ont la triste impression que personne ne veut avancer sur la question malgré les scandales des affaires Fillon et Le Roux de ces dernières semaines. Ces deux «collab’» répondent aux questions du Parisien.

 

En quoi un vrai statut de collaborateur parlementaire permettrait-il de favoriser le travail des parlementaires et éviterait les soupçons ?

Thierry Besnier. Plus les choses seront simples, moins les parlementaires seront exposés aux soupçons d’opacité. D’un parlementaire à l’autre, il n’y a pas le même traitement des attachés. Certains font le minimum que la loi leur impose et tout ce qui n’est pas interdit est permis. Ne pas avancer sur le statut des collaborateurs parlementaires est une cause indéfendable. Nous voulons faire en sorte que l’élu soit mieux perçu par nos concitoyens et ça passe pas une clarification de notre situation.»

Gonzague de Chantérac. C’est un métier à part entière, basé sur la confiance. Les parlementaires ont tout intérêt à ce que le travail des collaborateurs soit valorisé. Si on veut une exigence sur la loi, on doit professionnaliser le métier. Il faut une fiche de poste avec une grille de salaires pour éviter les situations surréalistes.

Pourquoi s’adresser à la ministre du Travail ?

Thierry Besnier. La ministre du Travail a toute latitude pour prendre une mesure qui crée un statut pour les assistants parlementaires. Myriam El Khomri peut décider de faire de notre profession une branche et nous permettre de bénéficier de tout ce qui en découle : des représentants du personnel, des contrôles, des audits…

Gonzague de Chantérac. Myriam El Khomri peut avoir un rôle : celui de généraliser l’accord pris entre les représentants de l’Assemblée et les syndicats à l’automne 2016. Mais c’est un dernier recours. Il existe déjà des organes de contrôle, comme le bureau de l’Assemblée nationale, qu’il faut mieux utiliser et qui peuvent contrôler l’application de certaines règles imposées par un statut pour les collaborateurs parlementaires.

Faut-il interdire aux parlementaires d’employer un membre de leur famille ?

Thierry Besnier. Les emplois familiaux peuvent être interdits, cela ne changera rien. La vraie question est celle de la réalité du travail. Tant que l’on n’a pas de moyens de quantifier, d’évaluer le travail effectué par les collaborateurs parlementaires, les pratiques ne changeront pas. On pourrait créer une fiche d’entretien annuel d’évaluation, par exemple, qui serait transmise à l’Assemblée nationale et prouverait la réalité de l’emploi. D’ailleurs, cette fiche existe déjà pour les fonctionnaires détachés et leurs collaborateurs.

Gonzague de Chantérac. Interdire n’est pas la bonne réponse. On considère qu’il faut instaurer une commission de contrôle, auprès du déontologue de l’Assemblée, avec des représentants des collaborateurs et des députés. Elle se prononcerait avant le recrutement et permettrait de protéger la crédibilité du travail du député.