CFTC Paris | Bonne et joyeuse Pentecôte à tous !
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Bonne et joyeuse Pentecôte à tous !

Bonne et joyeuse Pentecôte à tous !

Lundi Pentecôte: grève CFTC contre le « travailler plus pour ne rien gagner »  PARIS, 19 mai 2010 (AFP)

 

La CFTC a annoncé mercredi avoir déposé un préavis national de grève pour le lundi de Pentecôte, journée de solidarité travaillée pour de nombreux salariés, afin de contester le « travailler plus pour ne rien gagner ».
« La CFTC couvre par un mot d’ordre de grève, tous les salariés qui choisiront la vie familiale, associative, personnelle ou spirituelle à l’occasion de ce 24 mai, lundi de Pentecôte, ou tout autre jour imposé par leur employeur sous le couvert d’une fausse solidarité », selon un communiqué.
Le syndicat « dénonce ce système inique qui consiste à imposer aux salariés de travailler sans contrepartie de rémunération ». « Ce +travailler plus pour ne rien gagner+ est sans doute l’impôt le moins juste de notre système fiscal », estime-t-il.
La journée annuelle de solidarité est une journée de travail supplémentaire par an, non rémunérée, l’argent économisé par les employeurs étant versé en faveur des personnes âgées et des handicapés à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
Mais la CFTC souligne que le financement de cette caisse est en réalité étalé, via « un prélèvement mensuel de 0.3% (ligne contribution autonomie du bulletin de paie) ». « Ne pas travailler ce jour-là ne retire donc pas un centime à la CNSA! » a expliqué à l’AFP Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint.
Pour la CFTC, « la prise en charge de la dépendance nécessite et nécessitera un effort financier de tous », qui devra « être justement réparti », c’est-à-dire « en fonction des facultés contributives de chacun et non reposer quasi exclusivement sur les seuls salariés ».

 

 

Lundi de Pentecôte travaillé, la solidarité avec les personnes âgées en chantier (PAPIER D’ANGLE) Par Anne-Pascale REBOUL  PARIS, 21 mai 2010 (AFP)

 

Les polémiques sur la pagaille du lundi de Pentecôte travaillé se sont apaisées depuis que les entreprises peuvent fixer comme bon leur semble leur « journée de solidarité » avec les personnes âgées ou handicapées, mais la question du financement de la dépendance reste entière.
Une loi d’avril 2008, qui ne fait plus référence au lundi de Pentecôte, laisse désormais les entreprises libres de l’organisation de la journée de solidarité, mais nombre d’entre elles continuent de choisir cette date et en font une journée travaillée ordinaire, tandis que certaines en font cadeau aux salariés.
Après la canicule de 2003 qui avait causé la mort de 15.000 personnes et révélé les carences de la prise en charge des personnes âgées en France, le gouvernement Raffarin avait fait du lundi de Pentecôte un jour « travaillé par solidarité »,c’est-à-dire non rémunéré.
En contrepartie, les employeurs doivent verser à l’Etat une contribution de 0,3% de la masse salariale.
Ces fonds vont à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui finance des mesures en faveur des personnes dépendantes (âgées ou handicapés). En 2009, 2,21 milliards d’euros ont été récoltés contre 2,29 milliards en 2008, en raison de la crise.
La journée de solidarité a connu une évolution chaotique. Sa mise en place désordonnée, en 2005, conjuguée aux protestations d’organisateurs de manifestations sportives ou de ferias, avait abouti à un premier assouplissement: les employeurs pouvaient choisir la date de la journée non payée, et faute d’accord elle restait le lundi de Pentecôte.
Malgré les assouplissements intervenus en 2008, « cela continue d’être le bazar, de désorganiser la société », estime Joseph Thouvenel (CFTC). Son syndicat a déposé un préavis national de grève lundi, contestant le « travailler plus pour ne rien gagner ».
Des associations s’occupant de personnes fragilisées et l’AD-PA (directeurs de maisons de retraite) ont soulevé une nouvelle polémique il y a deux ans, accusant l’Etat de « détourner » des crédits de la caisse pour l’autonomie afin de combler le déficit de la Sécurité sociale.
Le gouvernement a assuré que les sommes récoltées étaient bien dépensées ou mises de côté pour les personnes dépendantes.
Mais selon Pascal Champvert, président de l’AD-PA, ces crédits « ne sont toujours pas dépensés intégralement et sont affectés à d’autres fins ».
Les crédits disponibles « doivent être utilisés dans l’urgence à l’aide aux services à domicile pour les personnes âgées, à bout de souffle », juge-t-il, en appelant aussi à la création d’un « cinquième risque » de protection sociale consacré à la dépendance (après maladie, accidents du travail, vieillesse, famille).
Promis par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, le chantier de la prise en charge de la dépendance devait faire l’objet d’un projet de loi dès 2008. Début 2010, le président a indiqué que le dossier ne serait abordé « qu’une fois la réforme des retraites achevée ».
Le député (UMP) Denis Jacquat se fixe pour horizon « le 1er trimestre 2011 ». « De nouvelles ressources sont nécessaires, fonction du niveau de prestations souhaitable », explique le rapporteur de la loi instituant la journée de solidarité. Cette journée constitue « une source financière complémentaire et n’est pas remise en cause », d’après lui.
Deux millions de personnes seront âgées de plus de 85 ans en 2015, contre 1,6 aujourd’hui.
Pour la CFTC, il faut « un effort financier de tous » alors que la journée de solidarité repose « quasi exclusivement sur les seuls salariés ».