CFTC Paris | Chronique de J. THOUVENEL du 11 mai 2010 sur Radio Notre Dame (100.7)
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Chronique de J. THOUVENEL du 11 mai 2010 sur Radio Notre Dame (100.7)

Chronique de J. THOUVENEL du 11 mai 2010 sur Radio Notre Dame (100.7)

Je ne sais pas comment est ressentie cette entrée en matière par la commission justice et paix du diocèse catholique de Hong-Kong qui, il y a quelques mois, organisait une manifestation devant les bureaux du gouvernement central, pour demander le respect de la liberté religieuse sur le continent et montrer comme l’expliquait Lina Chan Li « à nos frères et sœurs qui endurent la persécution qu’ils ne sont pas oubliés ».

 

Il nous sera également difficile de recueillir l’avis de Monseigneur James Su Zhimin, évêque de Baoding, vue que depuis qu’il a été arrêté en 1996, nous n’en avons aucune nouvelle.

 

Peut-être est-il en compagnie des milliers de jeunes chinois, raflés place Tiam An Men et qui depuis, ne sont jamais réapparus.

 

Ils n’auront pas la chance de rencontrer « la quintessence de la science et de la pensée française » comme l’écrit avec tant de modestie notre représentant au pays du goulag de bambou.

Ils ne savent pas ce qu’ils manquent.

 

Enfin, si ils sont toujours en vie ! Puisque la Chine, pays de tous les records comme je l’entendais dire à la télévision il y à quelques jours, détient celui du plus grand nombre d’exécutions de prisonniers par an. Selon un membre du congrès national du peuple, il y en aurait environ 10.000.

 

C’est vrai que quand on travail en gros, on en va pas s’arrêter sur quelques points de détails, comme la comptabilité précise de ceux que l’on fait passer de vie à trépas.

 

Et puis, ces prisonniers ont quand même des droits ! La preuve en est rapportée par cet américain dont la femme s’est déplacée à Shanghai pour recevoir une greffe d’organe prélevé sur un prisonnier exécuté.

Le tout contre un gros paquet de dollars.

Interrogé sur ce qu’il pensait de telles pratiques, celui-ci répondait qu’il n’y avait pas de problème puisque les prisonniers devaient donner leur consentement avant que leurs organes puissent être prélevées.

 

Nous voilà rassurés.

 

Je ne sais si vous avez vu les photos du pavillon français ? Il est bien beau, il paraît qu’il a coûté beaucoup d’argent.

 

J’aurai bien voulu savoir si les ouvriers qui l’ont construit ont été correctement rémunérés, s’ils avaient droit à un jour de repos par semaine, s’ils étaient pris en charge en cas d’accident du travail, bref les fariboles habituelles qui intéressent un syndicaliste.

 

J’ai un peu de mal à avoir des réponses fiables vu que les représentants des syndicats libres chinois que je connais sont,  soit en exil, soit en prison.

 

Sans doute de mauvais citoyens.

 

Je m’arrête là, car je ne voudrais pas plomber l’ambiance de l’apéritif littéraire organisé au pavillon Français, si par hasard un des participants nous écoutait via Internet.

 

Suis-je distrait.

Pas de risque, sous ce beau régime, Internet est parfaitement sous contrôle  de la police de la pensée.

 

A mardi prochain !