CFTC Paris | Chronique de Joseph Thouvenel: Aménagement du territoire et emploi.
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Chronique de Joseph Thouvenel: Aménagement du territoire et emploi.

Chronique de Joseph Thouvenel: Aménagement du territoire et emploi.

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 Chronique de J. THOUVENEL du 21.03.2017 sur Radio Notre Dame (100.7)

 

Louis Daufresne : Vous poursuivez votre série liée aux prochaines élections en nous parlant aujourd’hui d’aménagement du territoire.

Joseph Thouvenel : Effectivement Louis, la France c’est un peuple divers, vivant sur un territoire auquel chacun d’entre nous est souvent fortement attaché.

C’est le côté charnel de la patrie que Jules Renard définissait comme : « Toutes les promenades que l’on peut faire à pied autour de son village ».

Cette approche quelque peu bucolique n’est pas sans intérêt. Elle implique que l’on puisse circuler librement et paisiblement.

Est-ce le cas, notamment dans nombre de banlieues, où semble régner une autre loi que celle de la République ?

Que pensez du témoignage de ce jeune, obligé de faire un détour pour rejoindre son lycée, sous peine de se faire caillasser en traversant, l’inconscient, une de ces cités de non-droit qui prospère dans la quasi-indifférence des pouvoirs publics.

Trafics de drogue, prostitution, recels, incivilités sont le quotidien des habitants de ces zones en déshérence, qui célèbrent la Saint Sylvestre et le 14 juillet en incendiant joyeusement moults véhicules.

Inexorablement les cabinets médicaux disparaissent de ces secteurs, les commerces ferment, la vie économique et sociale est remplacée par la machine à subvention ou le grand vide du désintérêt des autorités. Les deux n’étant pas incompatibles !

Louis Daufresne : Certes mais il n’y a pas que des banlieues dites sensibles en France.

Joseph Thouvenel : Vous avez raison Louis. Du côté de nos bourgs et de nos villages plus paisibles, du moins en apparence, c’est la grande désertification des centres-villes qui sévit.

Les mêmes qui soutiennent l’ouverture des grandes surfaces le dimanche s’étonnent de la disparition de nos petits commerces, et avec eux des services de proximité, marchés traditionnel et de ce tissu d’artisans et de commerçants qui anime notre pays au quotidien, tout en étant pourvoyeur d’emplois.

Combien de salariés au rayon chaussure de nos grandes surfaces, combien de travailleurs chez un chausseur de centre-ville ?

Même un économiste ultra-libéral devrait pouvoir relever la différence.

Du côté de nos vertes contrées, ce n’est pas mieux, le monde agricole a perdu la moitié de ses effectifs en 25 ans, ce n’est pas sans conséquence sur l’entretien de nos campagnes et l’organisation de nos territoires.

Louis Daufresne : Alors quelles solutions Joseph ?

Joseph Thouvenel : Sortir des préceptes du matérialisme marchand, revenir à une vie plus saine, plus équilibrée, plus humaine. Il y a plus d’avenir dans une agriculture raisonnée et raisonnable que dans un productivisme outrancier qui rabaisse la qualité, participe à la disparition des paysans et abîme notre maison commune.

Recréons les circuits courts, respectons les rythmes de la terre. Il n’y a pas de drame à ne point consommer de fraises en décembre par exemple.

Quand nous le pouvons, favorisons la consommation de proximité, le savoir-faire local.

Boycottons les grandes surfaces et les centres commerciaux le dimanche. Retrouver le sens d’un temps où la production et la consommation sont entre parenthèses, participe indirectement à revivifier nos territoires.

Exigeons de nos politiques qu’ils traitent de l’essentiel, comme la sécurité dans les zones « dites sensibles » et pour le reste, agissons, prenons nous en main.

« C’est l’heure  désormais de vous arracher au sommeil » disait Saint Paul.

Sortons de notre léthargie, soyons de pacifiques mais actifs citoyens.

Après tout, la cité nous appartient, rendons à Dieu ce qui est à Dieu, et soyons les Césars de notre avenir.