CFTC Paris | Chronique de Joseph Thouvenel- Avoir une opinion différente: un crime?
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Chronique de Joseph Thouvenel- Avoir une opinion différente: un crime?

Chronique de Joseph Thouvenel- Avoir une opinion différente: un crime?

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Chronique de J. THOUVENEL du 25 avril 2017 sur Radio Notre Dame (100.7)

Louis Daufresne : C’est un peu le sentiment sur cette campagne qui aboutit donc à l’entre-deux tours aujourd’hui.

Joseph Thouvenel : Nous sommes entre les deux tours de la mère des élections, l’élection présidentielle, qui devrait être un sommet de notre vie démocratique, c’est-à-dire de la confrontation des idées, du débat sur nos valeurs, de la discussion sur les programmes. Si l’échange des points de vue peut être vif, passionné, rugueux même, il se doit de respecter l’autre, fut-il d’une opinion différente, voire opposée.

Je crains malheureusement que cela ne soit pas le cas.

L’énergie avec laquelle certains salissent, maculent et souillent les panneaux électoraux est tristement révélatrice d’un état d’esprit qui, si je l’espère n’est pas général, devient de plus en plus prégnant.

Louis Daufresne : Est-ce que c’est vraiment important cet aspect-là?

Joseph Thouvenel : En soi, arracher une affiche ou mettre des moustaches à une candidate n’est pas un drame.

Quand cette affiche est apposée sur un panneau officiel, c’est révélateur.

Un révélateur d’une toute puissance auto-proclamée : « Mon avis l’emporte sur celui des autres, moi seul et mon camp détiennent LA vérité, l’opposant n’a donc pas à avoir d’espace pour s’exprimer ».

L’autre n’existe plus comme être, il n’est qu’un ennemi à combattre.

Je suis légitime dans mon action car J’AI raison et sur cette raison j’érige mon empire omnipotent.

Les seules idées qui vaillent sont les miennes. Point de respect du concurrent, à la trappe la pluralité des opinions. Les réseaux sociaux se changent en déversoirs à insultes et outils de manipulation.

Les médias se peuplent d’arrogants et vindicatifs Fouquier-Tinville.

Pimpants, maquillés, dents blanchies et pas sous le harnais, d’orgueilleux commentateurs participent à désinformer en assénant avec morgue et suffisance d’incontestables banalités, devant lesquelles il faudrait s’incliner, comme l’eunuque devant le grand Mamamouchi.

 C’est tout blanc ou tout noir, choisis ton camp camarade et tire à boulet rouge sur ceux d’en face, les mauvais, les méchants, les idiots.

Tout cela serait simplement pathétique si ce n’était symptomatique de l’état de notre société en général et de notre démocratie en particulier.

Plus on nous parle de tolérance, moins il semble y en avoir.

Le camarade Ilitch Oulianov dit Lénine, le père des camps d’internement en URSS, le parrain de la terrible et sanglante Tchéka, qui revendiquait : « user de la terreur pour parvenir à ses fins politiques », aurait-il à titre posthume gagné le combat des esprits ?

– Est-il impossible de défendre des idées avec fermeté et bienveillance ?

– Avoir des convictions fortes et profondes est-il inconciliable avec le respect dû à toute personne, fusse un contradicteur ?

Est-il inconcevable que même chez l’adversaire, il puisse y avoir une part de vérité ?

Les auditeurs les plus attentifs ont dû remarquer que le communisme, ses pompes, ses œuvres et ses goulags n’étaient pas ma tasse de thé.

Mais quand des militants du parti à la faucille dénoncent de réelles injustices, doit-on les ignorer voire les nier ?

Oui ! Les candidats ne sont pas parfaits, mais nous, électeurs, le sommes-nous ?