CFTC Paris | Chronique de Joseph Thouvenel -Élection dans les TPE : La Bérézina
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Chronique de Joseph Thouvenel -Élection dans les TPE : La Bérézina

Chronique de Joseph Thouvenel -Élection dans les TPE : La Bérézina

Chronique de J. THOUVENEL du 24.01.2017 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’e
st bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

260px-BerezynaLouis Daufresne : Vous nous parlez d’élections aujourd’hui joseph ?

Joseph Thouvenel : Comme vous le savez, ou pas, vienne d’avoir lieu les élections pour les salariés des TPE, les très petites entreprises, celles qui ont moins de 11 salariés.

Un « scrutin essentiel pour faire entendre votre voix et défendre vos droits : il participe de la force de notre démocratie sociale » écrit d’une façon un peu martial notre ministre du travail Madame El-Khomri.

Bilan : plus de 92% d’abstention ! Un flop, un échec, un fiasco !

Louis Daufresne : Comment expliquez-vous une telle indifférence des salariés ?

Joseph Thouvenel : 4 grandes raisons à cela :

  • Des organisations syndicales loin des petites entreprises. Sauf rare exception, les salariés d’une TPE ne sont jamais en contact avec une organisation syndicale si ce n’est via les médias quand il y a conflit ou grève, ce qui ne donne pas la meilleure image possible des organisations de travailleurs. Pour les salariés des TPE les syndicats, c’est pour les autres, ceux des grosses entreprises. Ce n’est pas un courrier tous les 4 ans, en période électorale, qui peut profondément changer l’idée, souvent fausse, qu’ils se font des syndicats. Ces salariés ont l’impression parfois juste, qu’ils sont les oubliés des négociations sociales.

Ils négligent qu’ils sont couverts par des conventions collectives, négociées et défendues par de braves militants syndicaux.

  • Une organisation du scrutin des plus déficiente. Malgré nos avertissements, un calendrier initial trop serré ne prévoyant pas les délais légitimes de contestation devant les tribunaux, d’où au dernier moment, le report par la ministre du scrutin initialement prévu du 28 novembre au 13 décembre. Celui-ci se déroulera du 30 décembre au 13 janvier en pleine trêve des confiseurs, une période pour le moins peu propice à la mobilisation.
    Sans compter le refus de réimprimer les professions de foi portant des dates de scrutin erronées du faite de l’autorité organisatrice ou inorganisatrice devrais-je dire, avec pour conséquence que nombre de salariés, croyant la date d’élection passée, ont jeté leur bulletin de vote.
    j’ajoute le refus d’installer des panneaux électoraux, contrairement aux élections patronales comme celles pour les chambres de commerce. Des panneaux électoraux dans la rue, c’est le signe tangible qu’une élection a lieu. Là rien !
  • Une élection, c’est une dramaturgie, un affrontement pacifique entre opinions et programmes. Le refus d’une campagne officielle sur le service public, l’absence du moindre débat audiovisuel entre organisations syndicales- comme pour les primaires qui ne sont pourtant pas des élections officielles « essentielles » comme dit la ministre-autant d’éléments faisant de l’élection TPE un non-évènement.
    Pourquoi voter pour un non-évènement ? Imaginez un instant que les élections politiques soient aussi mal organisées et pas plus médiatisées que ces élections sociales, c’est à juste titre que l’on parlerait de déni de démocratie.
  • Là-dessus un manque de fiabilité des listes d’électeurs. Du salarié non inscrit, à celui inscrit dans le mauvais collège en passant par ceux, y compris des candidats, qui n’ont jamais reçu leur matériel de vote.

Et vous arrivez à cette véritable bérézina sociale.