CFTC Paris | Chronique de Joseph Thouvenel- La justice : un devoir pour le futur chef de l’Etat
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Chronique de Joseph Thouvenel- La justice : un devoir pour le futur chef de l’Etat

Chronique de Joseph Thouvenel- La justice : un devoir pour le futur chef de l’Etat

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Chronique de J. THOUVENEL du 11.04.2017 sur Radio Notre Dame (100.7)

 

Louis Daufresne : Vous vous intéressez d’abord à la relation entre le futur chef de l’Etat et la justice.

Joseph Thouvenel : Dans les missions essentielles du prochain Président, il y en a une qui semble en déshérence depuis des années. C’est selon la définition du Petit Robert  la « juste appréciation, reconnaissance et respect des droits et du mérite de chacun » c’est-à-dire la justice.

Pourtant notre histoire est marquée par ces grandes figures qui ont suscité le respect de tous par leur sens de l’équité.

Rappelez-vous Saint Louis « Il s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui ; et tous ceux qui avaient un différend venaient lui parler sans qu’aucun huissier ni personne y mit obstacle », nous rapporte Jean de Joinville dans ses chroniques.

Louis IX imposa dans tout le royaume la présomption d’innocence, son rayonnement était tel, que toute l’Europe sollicitait ses conseils pour résoudre des litiges.

Si c’est à l’aune  de la justice que se mesure la grandeur de César, force est de constater que nos modernes souverains jouent plutôt dans la cour des nabots.

Ce n’est pas nouveau. Je relisais récemment un rapport sur « l’état sanitaire des détenus » que le médecin-chef des prisons de Fresnes adressait il y a 70 ans à sa hiérarchie.

Il dénonce, déjà, le surpeuplement « qui a obligé depuis plusieurs années à loger dans une cellule deux, trois et jusqu’à quatre détenus ». Pas mieux aujourd’hui.

Louis Daufresne : Il est vrai que si une faute mérite la prison, l’incarcération ne doit pas rimer avec abomination.

Joseph Thouvenel : Ni avec inaction. La France est régulièrement condamnée par la Cour Européenne de justice pour absence de « délai raisonnable » dans les procédures judiciaires.

Ce ne sont pas les salariés qui attendent, parfois plusieurs années, avant d’obtenir une décision prud’homale qui me démentiront.

« Dans toute magistrature, il faut compenser la grandeur de la puissance par la brièveté de sa durée » affirmait Montesquieu.

Le manque de moyen, criant et scandaleux qui entraine l’engorgement des tribunaux met, du juge au greffier toute la chaîne judiciaire en permanence au bord de la rupture. Cumulé avec le  volume des affaires à traiter : un désastre.

Ni les professionnels, ni les justiciables ne s’y retrouvent.

Je parle bien entendu en règle générale, car il arrive parfois que, telle une comète trouant les nuées, certaines affaires soient menées au pas de charge.

Le fait du prince, murmure-t-on dans les couloirs des Palais où s’exerce la justice.

Si la séparation des pouvoirs est un principe fondamental de la démocratie, nous pouvons nous poser des questions sur la bonne santé de la nôtre.

Ce n’est là qu’une partie du problème, la politisation extrême de certains magistrats en est une autre. L’affaire du mur des cons est tristement révélatrice.

Sur un mur du local du syndicat de la magistrature étaient affichés des dizaines de photos de personnalités accompagnées d’annotations insultantes.

Le plus ignoble, la photo du général Schmitt, père d’Anne-Lorraine assassinée de 34 coups de couteau dans le RER. Que des magistrats ricanent de la souffrance d’un père dont la fille a trouvé la mort parce qu’elle résistait à un violeur, cela dépasse l’entendement.

Il est vrai que pour certains, les préceptes qui ont conduit à l’enfer concentrationnaire bolchévique sont toujours d’actualité.

A leurs yeux, Anne-Lorraine et sa famille cumulaient de nombreuses tares. Père et frères officiers, ancienne scout d’Europe, étudiante en journalisme, elle fera ses stages à Valeurs Actuelles et à Radio Notre Dame.

Cerise sur le gâteau ranci de la bien-pensance du jour, elle s’opposait au mariage pour tous.

J’attends simplement du futur président qu’il fasse son devoir en rétablissant une justice humaine et indépendante.