CFTC Paris | Chronique de Joseph Thouvenel: SAMSUNG: l’envers du décor
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Chronique de Joseph Thouvenel: SAMSUNG: l’envers du décor

Chronique de Joseph Thouvenel: SAMSUNG: l’envers du décor

Chronique de J. THOUVENEL du 01.11.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’e
st bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

samsung

James Combépine: Carte blanche à Joseph THOUVENEL, Vice-président de la CFTC.

Joseph Thouvenel : Bonjour James, comme nos auditeurs, je suis sûr que vous connaissez la marque Samsung, un des principaux groupes Sud-Coréen qui commercialise des téléviseurs, téléphones mobiles, tablettes, machines à laver, réfrigérateur, etc…

Une marque de haute technologie, fabricant « l’origine du futur de la télévision », proposant un style élégant et design, équipant votre cuisine de capteurs sensoriels, quand votre aspirateur bénéficie grâce à son  moteur digital inventer et de la technologie cyclone force, d’une puissance d’aspiration 60 fois plus élevée, que quoi je ne sais pas ?

Un bonheur pour la ménagère de moins de 50 ans, cette cible privilégiée des marchands de biens peu durables.

James  Combépine: Rassurez moi Joseph, on n’est pas dans le téléachat ? Vous n’allez pas nous vanter toutes les marques ?

Joseph Thouvenel : Vous avez raison, j’aimerai vous faire découvrir l’envers du décor d’une haute technologie bien propre sur elle. C’est derrière la façade une main-d’œuvre de près de 1 500 000 personnes, qui travaillent pour le conglomérat au sein d’un vaste réseau complexe de sous-traitants et de filiales qui travaillent pour le conglomérat.

D’après l’Asia Monitor Ressource Center, Samsung pratique une politique antisociale et antisyndicale musclée avec des effets sur toute l’industrie électronique asiatique, car nous disent-ils, « Samsung Electronics intervient énergiquement pour éviter la formation de syndicats chez les fournisseurs ».

La Confédération Syndicale Internationale, a fait fuiter un power point destiné aux dirigeants de l’entreprise. Il est décrit des « contre-mesures » précises à appliquer pour « contrôler les salariés ». Les cadres reçoivent l’ordre « d’isoler les salariés », de « punir les meneurs » et de « provoquer des conflits internes ».

Selon le China Labor Watch, les salariés des usines Samsung, dont certains n’ont pas l’âge légal, endurent 100 heures supplémentaires forcées par mois, effectuent des tâches non rémunérées, doivent se tenir debout pendant 11 à 12h, subissent des agressions verbales et physiques.

Cet exemple n’est malheureusement pas le seul, derrière les paillettes technologiques se cache fréquemment une grande misère humaine.

C’est moralement inacceptable et économiquement suicidaire pour notre industrie.

James Combépine : c’est vrai que c’est inacceptable Joseph Thouvenel  mais comment lutter contre ces phénomènes concrètement?

Joseph Thouvenel : Tout simplement en continuant et amplifiant ce que nous sommes en train de faire, informer et sensibiliser le plus vaste public possible.

Peser sur les politiques, pour qu’enfin ils réagissent.

Si c’est à juste titre que la traçabilité alimentaire est mise en place pour protéger le consommateur, pour quelles obscures raisons n’y a-t-il pas de traçabilité sociale ?

Consommateur, je puis arbitrer entre le prix et la qualité d’un produit, mais je n’ai aucune information sur le respect ou non des normes fondamentales du travail, c’est-à-dire le respect de la dignité des travailleurs.

C’est cela le grand scandale d’une mondialisation à visage inhumain.