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Chronique de Joseph Thouvenel: Sondages : le scientisme en action

Chronique de Joseph Thouvenel: Sondages : le scientisme en action

Chronique de J. THOUVENEL du 15.11.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’e
st bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

sondage

Louis Daufresne : Aujourd’hui vous nous parlez de sondage Joseph.

Joseph Thouvenel : Effectivement Louis. Rappelez-vous Lionel Jospin, Président de la République, les britanniques votant pour rester dans l’Union Européenne, la majorité des français favorable au travail du dimanche, autant de contre-vérités assenées par de soi-disant experts et reprises en boucle par nombre de médias sans l’once d’une retenue.

La formule miracle de cette étrange potion de désinformation : les sondages, nouvelle liturgie du scientisme élevé au rang de vérité officielle.

Ce ne serait pas grave s’il ne s’agissait que de quelques mécomptes, liés à l’incertitude inhérente à toute enquête d’opinion et présentée comme telle au grand public.

Si tel était le cas, l’on ne nous assènerait jamais de chiffres précis du type 71,4% de chance pour Hillary Clinton de remporter les élections US contre 28,61% pour Donald Trump, estimation du site FIVE TWENTY EIGHT, site considéré par les experts certifiés comme… un des plus prudent dans ses analyses.

Mais l’on nous indiquerait des fourchettes prenant en compte la marge d’erreur indissociable de toute statistique.

Louis Daufresne : Vous avez l’air de suggérer qu’il ne s’agit pas de simples inexactitudes mais de choix délibérés ?

Joseph Thouvenel : Sans sombrer dans la théorie du complot, il faut regarder les choses en face. Les spécialistes de la communication savent pertinemment que celui ou celle qui  bénéficie d’une onction statistique, voit son camp revigoré, ses concurrents démoralisés et la couverture médiatique augmentée, ce qui n’est jamais neutre.

Autre exemple : demander aux adeptes du croissant beurre et des marchés de proximité s’ils sont favorables à la fermeture des commerces le dimanche, pour ensuite affirmer que la majorité des français est favorable à l’ouverture des grandes surface le jour du Seigneur, ce n’est plus du recueil d’opinion mais simplement de la désinformation.

Et comme dans ce cas de figure il n’y a nul risque de voir une élection venir infirmer ces merveilleuses études scientifiques, la probabilité de bidonnage est loin d’être nulle.

Louis Daufresne : Alors pour vous faudrait-il interdire les sondages ?

Joseph Thouvenel : Pas du tout, mais simplement que les médias qui les propagent les présentent pour ce qu’ils sont, une image floue et incertaine d’un moment donné et non comme l’état exact et scientifiquement démontré de l’opinion public.

Mais cela obligerait les sachants patentés à un exercice d’humilité et je crains fort que l’humilité ne soit pas leur vertu principale ni même secondaire.

Ce problème, à mon sens, est loin d’être marginal, il en va d’une saine démocratie. Combien de fois ai-je entendu un politique me dire : vos arguments ne sont pas dénués d’intérêt, mais la majorité des Français ne va pas dans ce sens et je dois écouter mes électeurs, confondant ainsi allégrement électeurs et sondeurs.

Si j’ai tort, au pays de Mickey, Donald n’est pas président et les Clinton sont les rois de Washington.