CFTC Paris | Chronique de Joseph THOUVENEL sur Radio Notre Dame (100.7) du 13.10.2009
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Chronique de Joseph THOUVENEL sur Radio Notre Dame (100.7) du 13.10.2009

Chronique de Joseph THOUVENEL sur Radio Notre Dame (100.7) du 13.10.2009

 

Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

{xtypo_dropcap}A{/xtypo_dropcap}ujourd’hui, je vais vous parler du juste prix. Non pas ce jeu télévisé qui voit des millions de personnes se passionner tout d’un coup pour le prix exact d’un démonte-pneu universel, en métal argenté, ou pour celui d’un robot ménager avec lames de titane testées à bord de la station orbitale et ses accessoires qui permettent tout à la fois, de couper, éplucher, broyer les légumes, réussir l’ensemble des sauces, allant de la béchamel à la mayonnaise, tout en torréfiant le café avec un système dit de développement durable qui récupère les vapeurs d’eaux et les retraite de façon à en faire de l’eau déminéralisée pour fer à repasser. En somme un objet essentiel.


Ce type de programme étant censé attirer une foultitude de ménagères de moins de 50 ans, celles qui permettent d’obtenir les meilleurs tarifs publicitaires.

Vous remarquerez au passage, combien dans ce milieu d’avant-garde, constitué de communicants, de créatifs et autres publish men, on est resté particulièrement rétrograde concernant la femme !

Mesdames, vous êtes soit objet, soit ménagère bloquée devant vos fourneaux et votre liquide vaisselle….

Mais revenons au juste prix.

Une de mes sœurs s’est rendue récemment au Maroc en avion pour la modique somme de 32 €. Billet trouvé sur un site spécialisé d’Internet.

Bravo ! Bonne affaire…. Mais bonne affaire pour qui ???

Pour celle qui paye son billet d’avion quasiment au même prix que les tickets de RER aller/retour Paris, aéroport de Roissy ?  Soit !

Mais est-ce le paiement du juste prix ? Celui qui prend en compte le coût du matériel ? De son entretien ? Le kérosène, la sécurité ? Les primes d’assurance, les salaires et des conditions de travail décentes pour les salariés ?

A ce prix, de quelle protection sociale bénéficient les travailleurs en cas de maladie, d’invalidité ou de chômage ? Sans parler du salaire que Léon XIII définissait dans Rerum Novarum, reprenant une notion défendue dès le moyen âge par St Thomas D’Aquin comme « le juste salaire » qui doit permettre de vivre décemment, d’épargner et de nourrir sa famille.

A force de vouloir toujours gratter vers le bas, outre le fait non négligeable que l’on met structurellement en difficulté nos entreprises qui, elles, ont l’obligation de respecter des minima sociaux, c’est à terme nos emplois et ceux de nos enfants qui sont en cause.

Je me rappelle ce cours de morale à l’école primaire, où l’on nous décrivait un foyer dans la misère qui était obligé de vendre les quelques souvenirs de famille qu’il possédait encore pour éviter l’expulsion de son logement. L’huissier qui réalisait la vente, avait identifié un ouvrage de très grande valeur au milieu des quelques objets saisis. Il faisait racheter le tout par un comparse pour une somme dérisoire et mettait, ainsi, la main sur ce livre rare qui, vendu à son juste prix, aurait sorti définitivement cette famille de la misère.

La conclusion était que les choses doivent être payées à leur juste valeur et que profiter de la faiblesse de l’un pour enrichir l’autre n’était ni bien, ni moral.

Posons-nous la question, payer trop faiblement une prestation, au-delà du bon coup financier réalisé est-ce bien ? Est-ce moral ?

Bonne journée à toutes et à tous et à mardi prochain !