CFTC Paris | Chronique de Joseph THOUVENEL sur Radio Notre Dame du 22 septembre 2009
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Chronique de Joseph THOUVENEL sur Radio Notre Dame du 22 septembre 2009

Chronique de Joseph THOUVENEL sur Radio Notre Dame du 22 septembre 2009

Contrairement à certains, je crois que les pouvoirs publics continuent à jouer un rôle stratégique :

  • En élaborant et appliquant les Lois et Règlements concernant le fonctionnement des marchés et des entreprises, la politique de concurrence, la fiscalité.
  • En favorisant et finançant la recherche. Que serait la Silicon Valley emblématique de la libre entreprise sans le financement du Gouvernement Fédéral Américain via, notamment, le budget militaire ?

Mais la régulation est à la traîne des évolutions fondamentales du fonctionnement de notre économie.

 Il est inexact de croire que le marché peut se réguler seul et d’ailleurs, ce n’est pas son rôle.

  • Les cabinets d’audit ont montré leurs limites – c’est Andersen qui avait conseillé les dirigeants d’ENRON dans leurs opérations frauduleuses.
  • Dans ce même dossier, les agences de notation n’ont rien vu ou rien voulu voir.
  • Les banques d’affaires n’ont pensé qu’à leur profit.
  • Les autorités de régulation, en particulier la SEC Américaine, n’ont pas su détecter à temps les dérives comptables et financières des entreprises dont elles ont la tutelle. 

Corrélativement à la globalisation des marchés, il faut donc une globalisation de la régulation. 

Dans un premier temps, il serait souhaitable de créer une autorité de régulation européenne, dotée de véritables moyens. Autorité pouvant s’appuyer sur des organismes nationaux indépendant comme l’Autorité des Marchés Financiers et la Banque Centrale Européenne, si celle-ci sortait de son rôle monomaniaque de lutte contre l’inflation, pour s’intéresser également au cycle de l’endettement et à la surveillance des marchés d’actifs.

Mais surtout, l’assainissement du système financier international ne pourra être efficace sans l’éliminations des trous noirs de nos économies : les paradis fiscaux. Il n’y a pas de véritable transparence possible sans identification des flux entre les différents acteurs.

 

Pour l’avenir, l’enjeu de la régulation est simple :

  • Organiser les marchés afin que ceux-ci répondent à ce qui les justifie : apporter du financement pour le développement des entreprises.
  • Eviter les dérives en contrôlant et éventuellement sanctionnant tout en localisant les risques et leurs montants, afin de prévenir les crises.

Cette analyse et ces propositions furent publiquement présentés par une syndicaliste chrétien au Sénat et à l’occasion d’un forum international économique et financier, et ce, quelques jours avant la découverte des facéties de la Société Générale (5 milliards de perte sur les marchés financiers) et plusieurs mois avant la chute de Lehman Brothers. 

Bien évidemment, les « experts » présents ce jour là ; analystes financiers, banquiers, commissaires aux comptes ; balayèrent d’un revers de bouton de manchette ces arguments. 

Comme quoi, il n’est bien de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Bonne journée à toutes et à tous et à mardi prochain ! 

Radio Notre Dame – Fréquence 100.7