CFTC Paris | Comment sauver l’industrie européenne ?
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Comment sauver l’industrie européenne ?

Comment sauver l’industrie européenne ?


Chronique de J. THOUVENEL du 03.04.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

C’est le thème « En finir avec la mondialisation déloyale », le rapport que Monsieur Yvon JACOB vient de publier.

Et notre ambassadeur de l’Industrie – si, si, ça existe ! – vous n’imaginez pas le nombre de postes, fonctions et autres attributions diverses et variées que notre généreuse et inventive république est capable de créer !

Dans le cas présent, c’est à juste titre qu’une mission a été confiée à Yvon JACOB. Dans son rapport, élaboré avec Serge GUILLON, contrôleur général économique, l’ancien Député d’Ille et Vilaine déplore, je cite : « les défaillances de la surveillance du marché qui permettent l’importation de produits non-conformes aux normes européennes qui font subir une concurrence déloyale aux biens fabriqués dans les pays membres de l’Union ».

Ancien chef d’entreprise, spécialiste de l’industrie, M. JACOB sait de quoi et de qui il parle. Pour une fois, dans un rapport officiel, le politiquement correcte vis-à-vis de la Chine est remisé au magasin des accessoires pour analyste économique bien pensant. Il constate, notamment, « que le mode de financement des entreprises chinoises est totalement opaque», ce qui permet aux entreprises de l’empire du milieu de vendre sous le prix de revient.

Pour lui, « après avoir été perçue comme une opportunité, la croissance chinoise est considérée comme une menace dans de nombreux pays ».

Il met en garde contre l’octroi du statut dit « d’économie de marché à la Chine en 2016 » qui, dit-il, aurait « un impact très négatif » car « il priverait dans les faits les membres de l’Union Européenne d’instruments de défense commerciale » qui permettent aujourd’hui à l’Europe d’appliquer des mesures antidumping pour lutter contre les pratiques déloyales chinoises et d’autres pays où les profits de quelques-uns passent avant le respect des personnes.

Yvon JACOB, qui n’est pas un rêveur, s’appuie sur des faits. Il prend l’exemple des briquets BIC qui après avoir investi près de 40 millions d’euros pour respecter les normes européennes, voient leurs ventes baisser de 25 % en raison de la concurrence des modèles non-conformes. Le rapport estime que 76 % des briquets importés sont non-conformes à la législation européenne.

Car non seulement la concurrence internationale est fréquemment déloyale et seul un illuminé, un intellectuel des beaux quartiers ou Alain MINC peuvent croire un instant qu’une dictature sanglante, peut se montrer loyale dans ses rapports commerciaux avec des tiers.

Mais de plus, nos frontières sont de véritables passoires.

Vous additionnez les trous noirs de la régulation aux lacunes de la surveillance aux frontières, au manque d’efficacité des instruments européens de défense commerciale et à une organisation mondiale du commerce défaillante et vous avez sous vos yeux l’écroulement de notre industrie et l’explosion du chômage.

C’est ce que dénonce avec force, précision et intelligence, Yvon JACOB.

Pour lui, une partie de la solution passe par une surveillance efficace du marché intérieur européen, afin que soient refoulés les produits non-conformes aux normes de l’Union.

Il est à noter qu’Yvon JACOB est un des soutiens de la traçabilité sociale, prônée par la CFTC.

Ah, vraiment ! Cet ancien élève du collège Notre-Dame de la Clarté a plus que quelques lumières à nous faire partager.

 

A la semaine prochaine.