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Continental Clairoix

Continental Clairoix

Continental Clairoix -Oise : la CFTC espère l’annulation des licenciements pour les 700 contis

mardi 26 février, les 700 salariés de Continental verront leurs dossiers examinés par le conseil des prud’hommes de Compiègne. La CFTC espère que la juridiction prud’homale ira dans le même sens que le tribunal administratif et écartera le motif économique.

Le jeudi 21 février, le tribunal administratif a annulé le licenciement des 22 salariés protégés de l’usine Continental Clairoix, en rejetant le motif économique invoqué par l’entreprise Continental. Selon Antonio Da Costa, délégué syndical Continental Clairoix « les ex-salariés ne comprendraient pas une décision contraire à celle d’une institution aussi sérieuse que le tribunal administratif ».
A l’occasion de ce jugement, la CFTC réclamera environ 4 ans de salaire en dommages et intérêts pour les 700 salariés.

 

 

Les ex-Continental devant les prud’hommes pour faire invalider leurs licenciements

Près de 700 anciens de Continental espéraient mardi que les prud’hommes, trois ans après, sanctionneraient à leur avantage le fabricant de pneus pour fermeture sans cause économique suffisante de son usine de Clairoix (Oise), même s’ils savent qu’ils ne seront pas réintégrés. Le conseil des prud’hommes de Compiègne a entamé le jour même l’examen du cas de quelque 680 ex-salariés qui demandent l’invalidation de leurs licenciements pour absence de motif économique -ce que conteste l’entreprise allemande–, ainsi que des dommages et intérêts.

Juste avant le début de l’audience, 200 à 300 anciens «Conti» se sont réunis en assemblée générale devant un gymnase de Margny-lès-Compiègne (Oise), réaménagé en tribunal à l’occasion des trois jours d’audience. Dans une ambiance sobre mais déterminée, sans banderoles ou signes distinctifs, les anciens ouvriers de l’usine, qui a fermé début 2010 après d’âpres contestations de ses 1.120 salariés, ont écouté les membres du comité de lutte, lâchant parfois des jurons à l’évocation des dirigeants de Continental.

«Continental n’avait aucun motif économique réel» pour fermer son usine, a lancé Xavier Mathieu, délégué CGT. Le syndicaliste a rappelé la décision prise le 14 février par le tribunal administratif d’Amiens, qui a annulé les licenciements de 22 anciens salariés protégés, dont lui-même, pour absence de motif économique.

«C’est une décision assez historique (…) Il n’y a aucune raison pour que cette décision ne soit pas prise pour vous», a assuré M. Mathieu, juché sur les marches du gymnase.

Les «Conti» ont ensuite voté des motions visant à prendre contact avec les syndicats d’autres sites de Continental, notamment en Allemagne, et à verser 7.500 euros aux ouvriers grévistes de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

«On est venus réclamer notre dû», a grondé Jacky Ressens, ancien ouvrier.

Pour le délégué CFTC, Antonio Da Costa, une décision défavorable aux ouvriers «provoquerait la colère des salariés, parce que ce serait incompréhensible».

Continental «s’est servi de la crise comme effet d’aubaine pour supprimer 1.120 salariés, alors que dès l’année d’après, elle a augmenté de 85% ses résultats», a dénoncé Me Alexandra Soumeire, qui défend 150 ex-salariés.

Dans un communiqué, la direction de Continental a assuré que la fermeture de Clairoix était «inéluctable» en raison des problèmes du secteur automobile dès 2008. La firme a ajouté avoir respecté les engagements du plan social. Selon elle, 53% des anciens salariés ont retrouvé un emploi en CDI, en CDD de plus de six mois ou en créant leur entreprise.

L’avocat de l’entreprise, Me Patrick Thiébart, a souligné que «les bénéfices faits sont des bénéfices au niveau global, mais certainement pas en Europe, encore moins en Europe de l’Ouest», où la filière automobile est en «grande difficulté». «Continental (…) a plusieurs usines qui tournent à vide», a-t-il insisté.

Les anciens employés de Continental demandent l’équivalent de deux à quatre ans de salaires en dommages et intérêts. En revanche, ils ne pourront prétendre à une réintégration au sein de Continental, selon Me Soumeire, d’où la nécessité d’une «législation qui permettrait au juge d’apprécier les motifs économiques avant la fermeture de l’usine». L’audience est dirigée par une magistrate professionnelle, entourée de conseillers prud’homaux (deux représentants des employeurs et deux représentants des salariés). La décision devrait être mise en délibéré jeudi.

L’équipementier avait fini par fermer son usine de Clairoix début 2010, après un conflit social au printemps 2009, durant lequel la sous-préfecture de Compiègne avait notamment été saccagée par des salariés en colère.