CFTC Paris | De la défense de notre industrie
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De la défense de notre industrie

De la défense de notre industrie

Chronique de J. THOUVENEL du 11.09.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Camarades, tous sur le pont !

Ou plutôt, tous dans la rue et en grève le 9 octobre pour « la défense de l’industrie et de l’emploi », tel est le mot d’ordre de la CGT, lancé par son patron Bernard Thibault.

Je ne suis pas sûr que bloquer les entreprises, perturber les services publics et chanter l’Internationale soit le meilleur moyen de « défendre l’industrie et l’emploi ».

Je dois vous l’avouer, j’ai comme un doute sur la méthode. 

La grève ne devrait-elle pas être l’ultime recours, quand tous les autres ont échoué ?

Ne devrait-on pas, avant tout mouvement dit « social », estimer ses éventuelles conséquences sur l’entreprise et les usagers ? Et bien mesurer si les inconvénients pour beaucoup, justifient l’action revendicative de quelques-uns.

Tel est notamment l’enseignement de la doctrine sociale de l’Eglise.

Bernard Thibault appartient à un autre courant de pensée, c’est son droit !

Mais dans le cas présent, la CGT ne sacrifie-t-elle pas l’intérêt des salariés à une démarche politicienne ?

Même s’ils se sont fortement atténués depuis l’heureuse chute des dictatures communistes à l’Est de l’Europe, les liens entre CGT et Parti Communiste restent fréquents.

Sinon, par exemple, comment expliquer que, quand le Comité Central d’Entreprise d’Air France passe à la CGT, les commandes affluent vers nombre d’entreprises proches du Parti Communiste ? Et je n’ose même pas évoquer le cas du Comité d’Entreprise d’EDF.

Alors, quand le parti a besoin des petits, des sans grades pour s’agiter dans la rue et gêner le Gouvernement, la centrale de Montreuil, le doigt sur la couture de la chapka, répond présente.

La défense légitime, voire cruciale, de notre industrie mérite mieux.

Cela passe, par exemple, par l’information du consommateur via la traçabilité sociale prônée par la CFTC. Si aujourd’hui, quand j’achète un produit, je ne puis qu’arbitrer entre prix et qualité, il est souhaitable que demain je sois renseigné sur le respect ou non des droits fondamentaux de ceux qui ont fabriqué ce produit.

La vraie liberté du consommateur passe, notamment, par la garantie que les jouets que j’achète pour Noël n’ont pas été fabriqués par des enfants.

Si nous voulons défendre efficacement nos emplois face à une mondialisation à plat ventre devant le Veau d’Or de la libre concurrence, nous devons, syndicats, patronat, politiques, peser ensemble.

Combattre l’exploitation éhontée de millions de salariés.

Dénoncer le manque de réciprocité entre partenaires commerciaux.

Si l’Europe, par exemple, ouvre ses marchés publics à toutes les entreprises du monde, il est concrètement impossible d’obtenir un marché public en Chine, aux Etats-Unis ou en Corée pour une entreprise industrielle européenne. Ou alors, si nous l’obtenons, c’est que nous transférons notre technologie.

Autant d’enjeux qui méritent un travail de fond et dans la durée.

Ce qui n’est pas vraiment la caractéristique majeure du footing République/Nation.

 

A la semaine prochaine.