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Devoir du dimanche

Devoir du dimanche


Chronique de J. THOUVENEL du 23.09.2014 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

En cette période de rentrée scolaire, nous allons commencer par une leçon de choses…  Pardon, de SVT ! Science vie de la terre comme on dit maintenant, au sein de l’éducation nationale.

Aujourd’hui, nous nous consacrerons à la partie science de la vie.

J’invite  particulièrement les ultralibéraux, matérialistes échevelés, économistes délirants, et autres élèves à problème à prêter une attention particulière à ce cours :

Sachant que monsieur « consommateur » a acheté une brouette et 2500 clous le jeudi, quelle chance y a-t-il, qu’il rachète une brouette et 2500 clous le dimanche ?

Et la mauvaise réponse est…. :

Il y retournera le 7ème jour, si les grandes enseignes de bricolage sont ouvertes tout le week-end !

Les hallucinés qui s’imaginent que l’on vendra plus de marchandises en ouvrant un jour supplémentaire dans la semaine, devront suivre le court de rattrapage de madame « Bon sens » intitulé : « Je ne dois pas croire toutes les fadaises débitées par les grands groupes financiers et leurs laquais. »

Leçon de chose, disais-je en introduction, car la leçon de chose consiste à observer la réalité afin de comprendre les mécanismes de la vie ; pour la vie économique la règle est la même.

C’est ce que vient de découvrir Monsieur BOURLIER, PDG de BRICORAMA ! Lui qui a battu les estrades et agité les médias pour ouvrir ses magasins le dimanche, est obligé de déplorer ne pas avoir plus de clients depuis l’autorisation de l’ouverture le dimanche.

« L’analyse des chiffres montre qu’au  cumul, depuis le début de l’année, nous n’avons reçu que le même nombre de client qu’en 2013 alors que nous avons le bénéfice de l’ouverture du dimanche » affirme le PDG.

BON DIEU MAIS C’EST BIEN SUR ! Monsieur « consommateur » n’achète pas deux brouettes parce que le magasin est ouvert 7 jours sur 7 ; cela ne fait pas plus de vente mais étale la vente sur une journée supplémentaire, rajoutant des charges à l’entreprise pour un chiffre d’affaire équivalent.

D’ici à ce que les actionnaires nous demandent de les indemniser de leur nouveau manque à gagner, il n’y a pas loin !

Pour ce qui est des 2500 clous, Monsieur « consommateur » n’en avait besoin que de 18, mais depuis que le magasin de proximité où il achetait au détail a fermé, il est contraint de passer par les quantités imposées par le conditionnement des grandes marques.

La phase 2 va donc être de finir de tuer le petit commerce pour capter sa clientèle.

La phase 3 verra quelques enseignes en position de quasi-monopole, fixer leur loi aux consommateurs et leurs fournisseurs,  et faire exploser les prix !

Elève Macron vous me copierez 100 fois :

« Ce n’est pas parce que j’ai fais l’ENA que je puis ignorer les réalités de la vie dans mes décisions. »

Au prochain cours, vous aurez à répondre à la question suivante :

Dans le cadre du développement durable, quelle est l’économie d’énergie réalisée par la fermeture, une journée par semaine, des centres commerciaux et des grandes enseignes ?

A la semaine prochaine !