CFTC Paris | Dialogue social : les réserves du patronat et des syndicats
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Dialogue social : les réserves du patronat et des syndicats

Dialogue social : les réserves du patronat et des syndicats

Parmi les syndicats, seule Force ouvrière a fortement critiqué le projet.
Le Medef juge que le texte « manque vraiment d'ambition ».
L'Association des DRH se montre en revanche beaucoup plus allante.

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S'il voulait éviter les étiquettes, c'est réussi. Au vu des réactions des syndicats et du patronat sur sa réforme du dialogue social, François Rebsamen peut se satisfaire de ne pouvoir être catalogué ni dans un camp ni dans l'autre.
Côté syndical, le projet de loi ne suscite ni excès d'enthousiasme ni excès d'indignation. A l'exception de Force ouvrière. « Le patronat peut se sentir conforté [..] . C'est une loi de contournement des syndicats », dénonçait hier sa secrétaire confédérale, Marie-Alice Medeuf-Andrieu, aux « Echos ». Aucune autre organisation syndicale n'a eu de mots aussi durs. A l'autre bout de l'échiquier syndical, la CGC l'a même jugé « globalement conforme aux échanges que nous avons eus et au document d'orientation du gouvernement », selon Marie-Françoise Leflon, sa secrétaire générale adjointe. Mais au-delà de ces déclarations générales, le sentiment dominant chez les confédérations est la prudence.« Le texte est globalement assez compliqué et beaucoup de choses sont renvoyées à des décrets. Donc, nous restons vigilants », prévient Marylise Léon, secrétaire nationale de la CFDT.

« Difficile de se faire une opinion précise du texte », renchérit Joseph Thouvenel, de la CFTC.

Sauf sur un point particulier, qui hérisse et inquiète tous les syndicats : l'extension des possibilités de négociation en l'absence de délégués syndicaux. Curieusement, ce n'est pas un point souligné par la CGT dans le communiqué qu'elle a diffusé mardi. Un communiqué très balancé, puisqu'elle y affirme qu'elle « saura reconnaître les points positifs de ce projet de loi [pour les salariés des TPE, les carrières des militants] , mais [qu'] elle saura aussi combattre les points négatifs ». Et de citer les possibilités de regroupement d'instances dans les entreprises de plus de 300 salariés qui « répondent à une revendication forte du Medef ».

« Demi-mesure »

Même si le projet de loi reprend plusieurs des pistes contenues dans la dernière version patronale du projet d'accord de janvier, il ne suscite pas pour autant l'enthousiasme dans l'organisation de Pierre Gattaz. Les instances territoriales pour les entreprises de 10 salariés au plus ? « Pas de cohérence par rapport au projet d'ensemble », estime l'entourage de Pierre Gattaz. La délégation unique du personnel étendue au CHSCT ? «  Une demi-mesure qui ne va pas changer la donne. » L'avis de la principale organisation patronale est critique : « Il y a certes des avancées, comme le regroupement des négociations ou la diminution du nombre de réunions avec les syndicats, mais l'ensemble manque vraiment d'ambition. »
En revanche, l'Association nationale des DRH (ANDRH) est, elle, beaucoup plus allante. Il faut dire que l'idée d'une délégation unique du personnel élargie fait partie, depuis plusieurs années, de ses propositions clefs. « Le plus important pour les directions d'entreprise, c'est de ne plus avoir à répéter les mêmes choses dans des réunions différentes, estime Jean-Christophe Sciberras, DRH de Solvay et ex-président de l'ANDRH. Cela décrédibilise le dialogue social à la française vis-à-vis de nos managers. Avec la DUP élargie, on va éviter cette perte d'énergie et cette confusion d'instances qui se marchent sur les pieds. C'est une très bonne chose. » 
Marie Bellan, Les Echos
Leila de Comarmond, Les Echos