CFTC Paris | Dignité et Lock-out
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Dignité et Lock-out

Dignité et Lock-out

Chronique de J. THOUVENEL du 10.03.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

 

Savez-vous ce qu’est un lock-out ?

Il s’agit d’une pratique anglo-saxonne qui consiste à l’occasion d’un conflit pour un employeur à interdire à ses salariés de travailler.

En France cette pratique est illégale. Ce ne fut pas toujours le cas. Rappelez-vous 1791, la révolution triomphe, le citoyen, le chapelier adepte des théories du bourgeois Rousseau fait voter l’interdiction des corporations et le délit de coalition.

L’idée du brave Jean-Jacques est celle du libre contrat. Chacun étant libre, l’ouvrier peut contracter à sa guise avec un patron.

Tout ce qui est organisation de solidarité professionnelle viendrait affaiblir le principe de liberté et doit être banni.

L’hyper individualisme l’emporte, la voie est ouverte pour l’exploitation éhonté des femmes et des hommes et des enfants qui marqua  le 19ème siècle. Ce qui fit dire au Père Lacordaire : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur  c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchi. »

Pour les esprits peu subtils, du type économistes ultralibéraux, membres du forum de Davos ou adhérents du ATTALI Fan Club de Bruxelles. Prenons un exemple :

Monsieur Harpagon, qui a fait fortune en commercialisant du vent sur internet, décide que ses salariés sont trop payés. Il leur propose une baisse de 10 % de leur rémunération. Abrutis par la propagande syndicale ceux-ci refusent. Monsieur Harpagon décide d’un lock-out, tant que ses coûteux subordonnés n’auront pas accepté la baisse de leurs salaires.

Entre celui qui possède un pactole et celui qui a des traites à honorer, qui peut imposer sa volonté à l’autre en faisant un chantage à la misère ?

C’est pour cette raison qu’en France le lock out est aujourd’hui interdit.

En France mais pas au Québec, d’où je reviens, après avoir rencontré des salariés qui depuis 2 ans sont sans travail et sans rémunération, par décision des concessionnaires automobiles de la région du Saguenay.

Ils sont 450 à avoir été jetés à la rue par des employeurs cupides.

Dans ce dossier, il ne s’agit pas de diminuer des coûts pour la survie d’une entreprise, non simplement quelques-uns cherchent à engranger encore plus de profit.

Alors, quand vous entendrez vanter le modèle anglo-saxon, pensez à ces salariés qui tiennent bon depuis 730 jours.

Comme me le confiait ce père de quatre enfants : « ce qui nous motive ce n’est pas une affaire d’argent,  il s’agit de dignité ! On ne traite pas des hommes et des femmes de cette façon ».

La dignité ça vaut combien dans les modèles économétriques ultralibéraux ?

A la semaine prochaine !