CFTC Paris | Flexibilité ou respect de la personne?
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Flexibilité ou respect de la personne?

Flexibilité ou respect de la personne?

Chronique de J. THOUVENEL du 08.03.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

code_du_travail.jpgBonjour à tous et à toutes,

De façon récurrente des commentateurs, des experts, des politiques, des patrons-pardon !- dans le langage du jour : des entrepreneurs, réclament plus de flexibilité. Celle-ci serait la solution face au chômage de masse et à nos difficultés économiques.

Pour bien se faire comprendre, Monsieur Gattaz et ses conseillers en communication ont même inventé le contrat de travail agile.
Sans doute un contrat qui fait des galipettes sur le bureau avant d’être signé. En vérité, un contrat de travail fragile, qui peut être rompu encore plus facilement qu’aujourd’hui.
Agile, fragile, la question est « est-ce utile ? ». Utile au bien commun, utile au développement de la société ?

Paul VI, dans POPULORUM PROGRESSIO, affirmait que « le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique, pour être authentique il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout Homme et tout l’Homme ». « Nous n’acceptons pas de séparer l’économique de l’humain » ajoutait le Saint Père.

Rendre plus précaire la situation du travailleur favorise t’il la croissance économique ? Si cela était le cas, l’inflation des contrats à durée déterminée abusifs et des stages iniques auraient montré son efficacité.
Pour certains qui pratiquent l’exploitation du jeune, ou du moins jeune, comme un art moderne, c’est possible. Pour la collectivité nationale, plus de précarité, c’est plus d’appauvrissement.

Quand au développement de tout l’Homme, comment construire une vie familiale ou personnelle équilibrée et durable quand on ne sait de quoi demain sera fait ? Ce n’est pas impossible, mais sacrément difficile !

D’où la levée de boucliers contre la mouture initiale de la loi dite El Khomri qui ouvre la porte aux licenciements de convenance, notamment au bénéfice des grands groupes, le tout à moindre coût.

L’argument majeur des partisans de ce texte est qu’il faut « sortir des conservatismes ». « Je ne donnerai pas une seule seconde à l’immobilisme » affirme le Premier Ministre. Mais n’y a-t-il pas plus conservateur que de vouloir soumettre l’ensemble de la société aux désidératas du matérialisme économique ?

Quand à la proclamation permanente de la nécessité de bouger, c’est le meilleur moyen de tomber dans l’agitation plutôt que dans la construction solide et pérenne. Vous noterez que bouger ne veut pas dire avancer, on peut aussi reculer.

Regarder les agriculteurs, sont-ils trop protégés, pas assez flexibles ? Ce qu’ils demandent, ce dont ils ont besoin, c’est de la reconnaissance de la valeur travail. Reconnaissance qui passe par le juste prix de leur labeur.

C’est aussi valable pour notre économie en général. Tous les bricolages, toutes les précarités, toutes les formules des communicants n’y feront rien. Tant que nous accepterons un marché unique et une mondialisation marchande au sein desquels certains pratiquent le DUMPING fiscal, environnemental, ou social, nous continuerons à nous appauvrir.

À la semaine prochaine !