CFTC Paris | Gouvernance : l’exemple Chinois
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Gouvernance : l’exemple Chinois

Gouvernance : l’exemple Chinois

C’est avec faste que la Chine – puisqu’il s’agit d’elle – vient de célébrer le 60ième anniversaire de la création de la république populaire. Sur des critères matérialistes, elle a tout bon. 

Et sur le plan humain ? 

C’est une terrifiante dictature communiste que Mao ZEDONG a portée au pouvoir. 

Dès 1950, c’est la conquête militaire du Tibet, la résistance s’organise autour des moines bouddhistes, la quasi totalité des monastères sont détruits, quelques 100 000 moines et nonnes sont tués, emprisonnés ou mariés de force. 

Puis démarre la campagne de suppression des contre-révolutionnaires, c’est presque 5 millions de personnes qui sont tuées. 

En 1957, ce sont les intellectuels qui sont dans le collimateur. Entre 50 000 et 1 million d’ente eux sont envoyés en camps de travail. Beaucoup y périront. 

1958 – Lancement du « Grand bond en avant » visant à industrialiser le pays. Instauration de la cantine collective. Les cadres du parti et les policiers confisquent marmites et instruments de cuisine.

« La cantine servait, par jour et par personne, deux louches de soupe claire confectionnée avec de l’herbe, des racines, des feuilles ou de l’écorce d’arbres bouillies. » peut-on lire dans un témoignage recueilli par le quotidien Libération. 

De 1959 à 1962 – Une famine provoquée par des prélèvements d’impôts en céréales exorbitants, provoque la mort de 30 à 50 millions de personnes.

Les fossés des routes se remplissent de cadavres de ceux qui meurent d’épuisement en errant à la recherche de nourriture.

Dans son excellent dossier, Libération cite le secrétaire du parti de la commune de QISI qui invente une méthode révolutionnaire pour transformer les cadavres des affamés en engrais. Les corps étaient bouillis dans des marmites jusqu’à dissolution de ceux-ci. 

En 66 – Mao lance la révolution culturelle, des millions de Chinois meurent sous les exactions des gardes rouges.

En France, de nombreux intellectuels se font les chantres du système chinois et diffusent le petit livre rouge de Mao. Magnifique ouvrage des pensées profondes du grand timonier,  comme je cite : « Les portes ouvertes ne sont pas fermées » ou « les poissons ne nagent que dans l’eau ». 

Tout cela peut sembler fort loin, sauf qu’il faut des décennies pour que la vérité ne se fasse jour. Qui peut dire ce que sont devenus les milliers d’étudiants arrêtés place Tian’anmen en 1989 ?

Combien d’enfants, aujourd’hui, travaillent dans les usines chinoises, combien de femmes sont obligées d’avorter pour conserver leur emploi, combien de personnes meurent chaque mois dans les révoltes paysannes ? Combien d’enfants sont retirés à leurs parents parce qu’un cadre du parti a estimé qu’ils étaient déviants ?

Combien de personnes souffrent, meurent et désespèrent quotidiennement derrière le rideau de bambou ? 

Combien de nos industriels se posent des questions avant d’aller commercer avec la Chine ? 

Jean Paul II le disait dans l’encyclique Centesimus Annus « investir, outre sa signification économique, revêt toujours une signification morale ».