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Honneur aux militants de l’ombre

Honneur aux militants de l’ombre

Chronique de J. THOUVENEL du 12.06.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Il pleuvotait à l’entrée du RER. Chacun s’abritait au mieux du crachin et des rafales de vent, à l’exception d’une petite femme, une de ces personnes que l’on remarque peu, aussi vite croisée qu’oubliée.

Ce matin pourtant elle retenait brièvement l’attention des uns et des autres. Non pas qu’elle nous barrait le passage ou hurlait dans un porte-voix.

Non, simplement elle tendait à chacun un tract nous invitant à participer à une réunion publique organisée par son candidat aux législatives. Candidat souriant, toutes dents dehors sur une affiche scotchée derrière elle.

Beaucoup passaient en l’ignorant, peu avaient la délicatesse, voir la politesse de répondre à son bonjour un peu timide.

Tous nous avons d’excellentes excuses pour presser le pas à l’entrée d’une gare quand on vous tend un tract : ne pas rater le 7h59, se mettre à l’abri des intempéries, ne pas s’encombrer d’un document que l’on ne lira pas, ne pas aimer la politique et bien d’autres raisons encore.

Et pourtant si l’on nous interrogeait, nul doute que massivement nous exprimerions notre attachement à la démocratie, notre rejet des systèmes totalitaires et l’importance de l’engagement citoyen.

Eh bien justement, honneur à ces militants de l’ombre, ces petites mains ignorées, ces colleurs d’affiches anonymes, ces maîtres en mise sous pli.

Petit peuple militant, je vous aime !

Je vous aime pour votre engagement, votre dévouement à une cause, même si je ne la partage pas.

Votre sens du don. Tous ceux qui ont sillonné routes et carrefours dans leur véhicule personnel, où s’entassent affiches, récipients de colle et balais, me comprendront facilement.

Bien sûr parmi vous, il y a des sectaires, des haineux, des fanatiques.

Des opposés à la peine de mort tout près à dresser les guillotines pour les ennemis du peuple.

Mais c’est une minorité, absolument pas représentative de ces milliers de braves gens de droite, de gauche, du centre ou d’ailleurs qui se mettent au service d’une cause qu’ils croient juste.

Comme vous, régulièrement, je rencontre des rois du verbe, des professionnels de l’analyse géopolitique, des experts en démocratie qui pérorent confortablement installés dans un fauteuil ou accoudés au zinc d’un comptoir. Mais des acteurs réels de la démocratie, des participants à la vie de la cité, beaucoup moins.

Honneur à ceux-là, honneur à vous Madame qui, dès potron-minet, avez pris votre cabas chargé de tracts, vous êtes installée sur ce coin de trottoir et avez inlassablement tendu cette invitation à participer à un débat, suivi d’un pot amical avec votre candidat.

 

A la semaine prochaine !