CFTC Paris | Ils l’ont voulue, ils l’ont eue ! Et maintenant, ils pleurent !
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Ils l’ont voulue, ils l’ont eue ! Et maintenant, ils pleurent !

Ils l’ont voulue, ils l’ont eue ! Et maintenant, ils pleurent !

Le vote dans les TPE se solde sans surprise par une faible participation

PARIS, 12 déc 2012 (AFP) – Les élections dans les très petites  entreprises (TPE), une première, se sont soldées, comme prévu, par une participation faible de 9%, imputée par les syndicats à des défaillances dans  l’organisation du scrutin par le gouvernement, qui a prolongé le vote par correspondance. Ouvert le 28 novembre, ce scrutin donnait pour la première fois la possibilité aux 4,6 millions de salariés d’entreprises de moins de 11  salariés et employés à domicile de désigner le syndicat de leur choix sur son  sigle, sans élire de représentants.

Au dernier jour du scrutin mercredi, 9,1% des inscrits, soit un peu  plus de 400.000 personnes, avaient voté, un tiers par internet et deux tiers par correspondance, selon une estimation du ministère du Travail.

Compte tenu de dysfonctionnements dans l’envoi des bulletins, le scrutin a été prolongé: les enveloppes arrivées jusqu’au 17 décembre seront  dépouillées et le résultat sera proclamé le 21 décembre.
« On espère dépasser les 10% de participation » d’ici à lundi, a déclaré  à l’AFP Jean-Denis Combrexelle, directeur général du Travail. « On fera le  bilan pour améliorer les choses », a-t-il ajouté.
Pour la CGT, le bilan est « un fiasco prévisible », dû aux « conditions déplorables » de son organisation et à l’absence de « mobilisation sérieuse  des pouvoirs publics ».
La centrale a égrené ses reproches: « multiplicité de candidatures, certaines fantaisistes », « retard de près de dix jours dans l’envoi du matériel électoral pour de nombreux salariés », « vote par internet rendu quasi impossible pour de nombreux salariés du fait des configurations  informatiques exigées ».

La CGT a dénoncé surtout « l’illisibilité » de ce scrutin sur sigle qui ne prévoit aucun « lieu de négociations » pour les salariés des TPE et estime que « tous les enseignements de cette situation inacceptable doivent être  tirés ».
« Ce taux de participation, c’est exactement ce que nous avions prévu »  pour ce scrutin, qui est « finalement un flop », a affirmé de son côté à l’AFP  Joseph Thouvenel, vice-président de
la CFTC.
« Un
scrutin baroque »  « C’est une élection absolument baroque », a estimé ce syndicaliste, très
remonté aussi contre l’organisation.  « Il n’y a pas eu de vraie campagne, pas de débat télévisé, pas de temps de parole accordé aux syndicalistes, pas de panneaux électoraux dans les  rues », a-t-il déploré.

Le gouvernement a pourtant déboursé 20 millions d’euros pour ce scrutin, incluant une campagne de communication dans la presse et les radios.
« La publicité n’y aurait rien changé. C’est la transcription du fait que le syndicalisme ne parle pas suffisamment aux salariés des TPE, c’est un  problème d’implantation et de reconnaissance », a souligné un expert.
Cette consultation inédite s’adressait à des salariés très éloignés de la vie syndicale, venant d’horizons variés: commerce, coiffure, artisanat, spectacle, travailleurs du bâtiment, nounous, garagistes, professions libérales (architectes, notaires).
Les syndicats reconnaissent un point positif à ces élections, pour lesquelles ils n’ont pas ménagé leurs efforts, multipliant le porte-à-porte. Elles ont permis aux syndicats de se rapprocher de ces salariés. Un  contact qu’ils espèrent poursuivre. Mais c’est avant tout le résultat qui les intéresse puisqu’il sera  agrégé aux élections dans les plus grandes entreprises pour dresser en 2013 la liste des syndicats représentatifs au cours des quatre prochaines années.
Pour la prochaine fois, dans quatre ans, les syndicats ne veulent plus entendre parler de scrutin sur sigle –modalité décidée par l’ancienne majorité sous pression patronale– et souhaitent l’élection par les TPE de représentants siégeant dans des commissions territoriales.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, a promis d' »améliorer » ce scrutin pour l’avenir.