CFTC Paris | La loi sur la représentativité pris pour cible au congrès de la CFTC
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La loi sur la représentativité pris pour cible au congrès de la CFTC

La loi sur la représentativité pris pour cible au congrès de la CFTC

16/11/2011 –  AFP – Par Elahe MEREL

POITIERS, 16 novembre 2011 (AFP) – Très attachés à la spécificité de leur syndicat d’inspiration chrétienne, les délégués du 51e congrès de la CFTC, réunis à Poitiers, dénoncent la loi « scélérate » sur la représentativité, certains réclamant même son abrogation à cinq mois de la présidentielle.

Ouvert mardi, le Congrès doit s’achever vendredi par la désignation d’un nouveau président, l’actuel secrétaire général Philippe Louis étant bien placé pour succéder à Jacques Voisin, qui ne brigue pas un nouveau mandat.

Les quelque 1.500 délégués doivent se prononcer sur la stratégie à suivre face au défi posé par la loi d’août 2008 qui impose aux syndicats des critères stricts pour participer aux négociations et signer des accords – 10% de voix aux élections professionnelles dans l’entreprise, 8% au niveau national.

 « Je demande à nos dirigeants dans le cadre de l’élection présidentielle l’abrogation de la loi scélérate de 2008 », a lancé mercredi à la tribune Serge Brettar, conseiller confédéral.

Il rend responsable pêle-mêle le président de la République, le gouvernement, le Medef, la CGPME, la CFDT et la CGT, de ce texte qui va dans le sens d’une bipolarisation du paysage syndical au détriment des plus petites formations.

« On nous pressurise, on ne se pliera pas à ces diktats », renchérit Philippe Resa Arsen de la Fédération de la Poste, « Ce n’est pas parce qu’on fait moins de 10% qu’on ne présente pas un espoir. On relèvera le défi de cette guerre », assure-t-il.
 
Plus mesurée, la direction n’espère pas une abrogation du texte de 2008. Il « faut faire évoluer la loi », affirme auprès de l’AFP le président sortant.
 
Selon M. Voisin, le Haut-conseil du dialogue social – constitué des partenaires sociaux et chargé en 2013 d’agréger les résultats des élections – « doit au plus vite tirer les conséquences de cette loi » alors que, selon lui, quelque 70% des résultats déjà remontés sont « entachés du doute » et ne sont pas fiables.
 
« Les résultats de la CFTC sont autour de 8%, un peu plus, un peu moins, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas à 8% à la virgule près qu’on doit nous faire disparaître. Il faut lever cette épée de Damoclès suspendue sur la tête du syndicat social chrétien », ajoute Philippe Louis.
 
Il estime légitime une mesure de la représentativité des syndicats mais pas à l’aune de « la seule audience électorale ». « Il faut une pluralité de critères ».
 
C’est la première fois de son histoire que la CFTC – le plus ancien syndicat français après la CGT – doit prouver sa représentativité : en 1945 elle l’avait obtenue auréolée des hauts faits de ses militants durant la résistance et en 1964, deux ans après la scission avec la CFDT, par la volonté gaulliste de préserver le syndicat chrétien.
 
Le rapport présenté mardi par Philippe Louis, qui ne mentionne aucune alliance possible avec d’autres organisations syndicales (pas exemple FO ou la CFE-CGC), n’a suscité aucune opposition des congressistes mercredi.
 
Le texte sur la représentativité, qui sera mis au vote jeu, « n’a fait l’objet d’aucun amendement », se réjouit son auteur Joseph Thouvenel qui y voit le signe d’un consensus au sein du mouvement pour « s’unir sur l’essentiel ».
 
« Il est vrai qu’à ce stade, on ne peut pas proposer une autre stratégie sans tuer l’élan des militants. Ce n’est qu’au regard des résultats en 2013 qu’on peut juger de sa viabilité », résume une jeune militante.

D’autres stratégies sont toutefois envisageables : ainsi, Gabrielle Simon, qui a quitté il y a quelques mois la direction de la centrale, estime possible la création d’un « cartel » d’organisations syndicales au sein duquel chacune gardera « ses statuts et ses valeurs ».