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La vie en 14

La vie en 14

Pour comprendre la société où l’on vit, ses évolutions et peser efficacement sur celles-ci, il faut savoir d’où nous venons, comment s’est construit, structuré, organisé notre corps social et économique.
Avoir un regard sur notre histoire, c’est s’autoriser une vision plus juste de notre avenir.
L’exemple historique, nous montre qu’un certain nombre de pratiques sont récurrentes quelques soient, les époques, les gouvernements, les partis et idéologies au pouvoir.
Beaucoup sont liées aux femmes et aux hommes, à leur caractère, à leur volonté ou à leur lâcheté et non à leur idéologie affichée.
C’est pour ces raisons que vous trouverez sur ce site, une nouvelle rubrique consacrée à la période 14-18.
En cette année de centenaire de la grande guerre, nous allons à partir de documents d’époque apporter  un éclairage sur la vie des Français, et plus particulièrement des travailleurs et de leurs familles confrontés aux difficultés du temps.
Nous ne doutons pas que vous y grappillerez quelques informations, utiles à la réflexion sur la réalité d’une période particulière et les enseignements que l’on peut en tirer aujourd’hui.
Un seul exemple : les hommes partis au front, les femmes prennent de facto de plus en plus de responsabilités à l’arrière, alors que depuis le XIXème siècle elles sont juridiquement traité quasiment comme des mineurs.
Ce qui sera un élément important d’évolution de la condition féminine et de la famille.

Bonne lecture à toutes et à tous.

Joseph Thouvenel

texte original :

LE RETRAIT, EN MASSE DES FONDS DE LA CAISSE D’EPARGNE  DE PARIS

Les premières nouvelles d’un conflit européen possible ont provoqué, dans tous les pays, une panique évidente parmi le public des classes moyennes qui considère la Caisse d’Epargne comme une sorte de bas de laine un peu plus productif d’intérêts que le bas de laine des ancêtres. Aussi dès que les nouvelles devinrent inquiétantes, aussitôt, surtout que les sociétés de crédit refusèrent d’accepter les billets de banque ou plutôt d’échanger la monnaie-papier contre la monnaie métal, une ruée se manifesta aux portes de la Caisse d’épargne.

texte original:

LE RETRAIT, EN MASSE DES FONDS DE LA CAISSE D’EPARGNE  DE BERLIN

Si le képi à bande rouge de notre garde républicaine dut intervenir aux abords de la caisse d’épargne de Paris, les casques à pointes des agents de la force publique n’eurent pas moins à faire aux approches de la Caisse d’Epargne de Berlin. La photographie, aussi bien, que nous publions ci-dessus, en constitue le plus sûr garant. La foule n’est pas moins dense, l’inquiétude n’est pas moins certaine et le bas de laine allemand ne témoigne pas de plus de sérénité devant les événements, que le bas de laine français.

Bruit de bottes, bruits de guerre, et c’est l’épargne qui se trouve en première ligne. L’économie du pays s’en trouve bien entendu bouleversée.
Après 3 années d’inflation à 0%, celle-ci explose à partir de :         

1915 + 19.9%

1916 + 11%

1917 + 20% 

1918 + 29.2%

1919 + 22.5%

De 1901 à 1914 les prix ont été multipliés par 1, c’est-à-dire rien !

De 1915 à 1919, ils sont multipliés par 3.

De 1915 à 2013 , ils ont été multipliés par 2527. (Source INSEE)

La guerre de 1914 à 1918 a mis fin à la stabilité du franc et à fait naître une inflation que nous subissons toujours.