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Le contrat fragile du MEDEF

Le contrat fragile du MEDEF

Chronique de J. THOUVENEL du 19.01.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

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Bonjour à toutes et à tous,

Connaissez-vous le contrat de travail engourdi ?

Non ? C’est pourtant celui de la très grande majorité des salariés dans notre pays ! D’après le conseil d’orientation pour l’emploi, il concerne 87% des Français. C’est certainement sous une autre appellation qu’il vous est familier, il s’agit du CDI, contrat à durée indéterminée.

Une fois de plus, le MEDEF et quelques autres officines patronales viennent de réclamer sa mort en proposant de le remplacer par un contrat de travail « agile ».

Au pays de Bossuet, Molière et Chateaubriand, les mots ont un sens. Vous me direz qu’ils en ont également un au pays de Jacques Séguéla, Joey Star et Pif le chien.

Agile : adjectif du XIVe siècle, du latin agilis « qui a de la facilité et de la rapidité dans l’exécution de ses mouvements. Synonymes : leste, souple, vif. Exemple « le clown agile » Verlaine. » Telle est la définition donnée par le Petit Robert.

Vous vous voyez discuter avec votre futur employeur, d’un contrat équipé d’un nez rouge, d’une marguerite en plastique qui crache de l’eau et d’un coussin péteur ?

Pour une embauche chez Monsieur ZAVATA, peut-être ! Mais ailleurs cela me paraît difficile.

Personnellement, signer un tel document, à part avec de l’encre sympathique, j’aurais du mal à m’y résoudre.

Se mettre d’accord sur un contrat dont la durée n’est pas déterminée me paraît sage. Cela veut dire que celui-ci peut être rompu pour de multiples raisons au bout de quelques mois ou de plusieurs années.

Du côté d’un certain patronat, on tempête : « Notre contrat agile sera organisé avec des droits progressifs ».

Génial ! Extraordinaire ! Mais où vont-ils chercher tout ça ?

Pas très loin, parce que justement le contrat à durée indéterminée EST un contrat progressif.

Durant les premiers mois de celui-ci, il peut y être mis fin de façon très rapide, cela s’appelle la rupture de la période d’essai.

Puis, en fonction de l’ancienneté acquise, naissent et se développent un certain nombre de droits. Par exemple, les indemnités du salarié se renforcent au cours du temps comme notamment les droits à la formation.

Alors, c’est vraiment d’agilité dont il s’agit ou d’une énième tentative pour précariser encore plus les salariés ?

Car si le but recherché par l’ajout d’un qualificatif au contrat de travail était loyal, je n’en vois qu’un : équilibré.

Équilibré entre les droits et les devoirs de chacun.

Équilibré entre le travail, nécessité pour vivre dignement et les impératifs économiques.

Encore faut-il que cela ne soit pas le simple désir d’accroître des profits en vue de gaver le Veau d’Or.

Si agile est un qualificatif qui sied à lapin, il serait bon d’éviter de nous prendre pour des Lapins Crétins !

À la semaine prochaine !