CFTC Paris | Le Parlement se saigne aux quatre veines
981
post-template-default,single,single-post,postid-981,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

Le Parlement se saigne aux quatre veines

Le Parlement se saigne aux quatre veines

Le président de l’assemblée national a découvert une nouvelle source d’économie pour le gouvernement. Dans son livre intitulé « un homme politique peut-il dire toute la vérité ? » (éditions JC Lattès), l’UMP Bernard Accoyer chiffre à 86 millions par an le coût des 86 sièges de députés supplémentaires créés par Mitterrand en 1986. Selon ses calculs, plus de 2 milliards ont été ainsi dépensés en vingt-cinq ans

 

Un comptable aussi redoutable ne pouvait que trancher dans le vif du budget de la représentation nationale. C’est tout vu : Accoyer ne propose pas de supprimer un seul siège. Mais sur sa suggestion l’Assemblée a accepté, le 14 novembre, de sacrifier…3% de son budget annuel. Soit une mini-coupe de 16,02 millions sur un total de 533,91. Faisant toujours assaut de rigueur, les députés-gauche et droite confondues-ont refusé, le même jour, de réduire de 10% leurs indemnités, comme les y invitait leur collègue UMP Lionnel Luca…

 

De son côté, le Sénat contrôle toujours une confortable cagnotte, estimée au moins à 1,3 milliard, dont 1 milliard sert, paraît-il, à garantir le (généreux) système de retraite des sénateurs et des fonctionnaires du palais du Luxembourg. Interpellé sur le destin qu’il réservait à ce magot, le nouveau président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel, a préféré botter en touche. Cette délicate question ne sera tranchée qu’après nombre d’analyses, audits et consultations… C’est dire si, dans un tel contexte, la proposition du secrétaire Général de la CFTC, Joseph Thouvenel, a toutes les chances d’être adoptée. Cet iconoclaste a carrément proposé de réduire de 577 à 300 le nombre de députés et de réaliser ainsi une économie de 277 millions par an. Avec cet argument imparable : « La très grande majorité des textes qui nous régissent viennent de l’Europe. Donc on n’a sans doute pas besoin de conserver 577 députés ».

 

Cette cure d’amaigrissement semble d’autant plus séduisante que la plupart des parlements européens présentent un certain embonpoint. On compte en effet 622 députés en Allemagne, 650 en Grande-Bretagne, 630 en Italie, le tout pour des populations comprises entre 58 et 81 millions d’habitants. En comparaison, les Etats-Unis et leurs 309 millions d’habitants n’envoient que 435 élus à la Chambre des représentants. Mais l’Europe est tellement mieux gérée…

 

H.L.

 

 

 Le Canard enchaîné du 16 novembre 2011.