CFTC Paris | Le temps de la médiation
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Le temps de la médiation

Le temps de la médiation

Chronique de J. THOUVENEL du 02.02.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !


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Bonjour à toutes et à tous,

A l’occasion d’un débat, initié par l’hebdomadaire « Famille Chrétienne » sur la réforme des collèges, je fus frappé par la formulation suivante : « La médiation du maître entre les savoirs et l’élève ».

Je n’aurai pas prêté plus d’attention que cela à cette étrange phraséologie, si celle-ci n’émanait de Monsieur Olivier Noblecourt, Directeur Adjoint du Cabinet de Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education Nationale.

Vu les fonctions de l’impétrant, il doit savoir de quoi qu’il cause, me suis-je dit !

L’ancien cancre que je suis, toujours impressionné par les gaziers qui se sont coltinés des études supérieures, fonça illico sur son dico pour réviser sa définition du mot « médiation ».

Robert, le petit, toujours disponible, répondit à mes sollicitations avec sa précision habituelle.

Médiation : nom féminin du bas latin médiatio. Entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des partis.

Me revint à l’esprit l’image de Monsieur Mater, dans sa blouse grise, dévisageant du haut de son estrade la quarantaine de potaches dont il avait la charge.

J’eu le plus grand mal à le voir comme un entremetteur, dont l’objectif serait de mettre d’accord les tables de multiplication et la classe.

Pour cet homme dévoué, équipé d’un aide pédagogique appelé "règle", les tables on les savait ou on ne les savait pas, point final !

Nul soupçon de conciliation ou d’arbitrage entre le savoir exigé et les désidératas des élèves.

Fausse route me dis-je, il doit s’agir d’une autre acceptation de médiation.

Vraisemblablement pas la pause au milieu d’un verset de plain-chant, terme technique de musique 1701. Mais plutôt la forme didactique : « le fait de servir d’intermédiaire ».

La lumière jaillit ! Tout s’éclaira !

Intermédiaire du latin intermédius : « qui est au milieu, moyen ».

Bon Dieu, mais c’est bien sûr !

Fini les vieilles lunes du maître possédant un savoir qu’il transmet à des élèves plus ou moins attentifs.

Est venu le temps de la médiation.

Entre l’antédiluvienne table de multiplication, poussiéreuse et réactionnaire où 2 fois 2 font 4 et le collégien créatif pour qui 2 fois 2 sont plus sympathiques s’ils flirtent poétiquement avec 8, car 8 c’est tellement chouette et 4 carrément rébarbatif, le médiateur intervient, habile entremetteur, communicant hors pair, sachant concilier la bête logique arithmétique et l’allégorique imagination du Petit Prince de banlieue. C’est ainsi que 2 fois 2 feront environ 6 ou 5 et ½, voire 6 ¾ en fonction du talent du maître médiateur.

Après avoir banni de nos classes, corbeaux, renards et laboureurs, le ministère y introduit le romanesque permanent.

Démarche charmante, mais répond-elle vraiment aux besoins des élèves ?

 

À la semaine prochaine !