CFTC Paris | Le week-end de Pentecôte va-t-il redevenir non travaillé pour tous ?
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Le week-end de Pentecôte va-t-il redevenir non travaillé pour tous ?

Le week-end de Pentecôte va-t-il redevenir non travaillé pour tous ?


Chronique de J. THOUVENEL du 22.05.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

La Pentecôte approche à grand pas. C’est l’occasion de tester la volonté gouvernementale sur la journée de corvée dite « journée de solidarité ».

 

Rappelez-vous…

Suite au drame de la canicule en 2003, le gouvernement de l’époque a, sans concertation avec les différents acteurs concernés, décidé d’imposer aux salariés un jour de travail supplémentaire non payé. 

Si la CFTC dès l’origine a réaffirmé qu’elle n’était pas contre le principe de solidarité nationale pour la prise en charge des personnes dépendantes, elle a dans le même temps indiqué son opposition totale à une mesure injuste vis-à-vis des salariés et de leurs familles. Opposition renouvelée auprès de tous les gouvernements successifs, sans succès jusqu’à ce jour.

Si ce n’est une importante victoire juridique devant le Conseil d’Etat, la Haute Juridiction ayant réaffirmé le caractère férié du Lundi de Pentecôte…

En conséquence, le législateur a maintenu son mauvais texte en renforçant ce principe inacceptable : obliger une personne à travailler sans la rémunérer.

Sur notre continent, cela ne s’était plus vu depuis la journée du Parti dans l’ex-URSS.

La mesure autoritaire dite « journée de solidarité » s’est concrètement traduite par des aberrations économiques et sociales. 

 Pour n’en citer que deux :

– Quel sens cela a-t-il d’obliger des salariés qui sont régulièrement au chômage technique à travailler une journée de plus, comme dans le secteur automobile par exemple ? 

– Est-il équitable qu’une caissière de supermarché doive offrir une journée de travail à son entreprise, alors qu’un cheminot est censé travailler 1mn 52 de plus par jour pour s’acquitter de sa journée dite « de solidarité » ?

C’est à juste titre que  M. François HOLLANDE, quand il était député, nous avait fait connaître son opposition à cette mauvaise loi, tout comme M. Jean-Marc AYRAULT qui déclarait estimer « qu’il s’agit du parfait exemple de la fausse bonne idée ». 

 

La CFTC qui, avec le Collectif des Amis du Lundi, a réuni plus de 150 000 signataires contre la journée dite de solidarité, a dès à présent saisi Monsieur Michel SAPIN, notre nouveau Ministre du Travail, en lui demandant de bien vouloir prendre rapidement les dispositions nécessaires en vue de mettre fin à l’obligation, pour un salarié, de travailler sans être payé.

Pour la CFTC, une telle mesure de justice n’est pas contradictoire avec le maintien du prélèvement mensuel de 0,3 % sur les salaires car c‘est là que se situe la principale malhonnêteté intellectuelle de ce dispositif. Il n’existe pas une seule journée de travail dans l’année qui financerait la dépendance mais simplement une taxe sur les salaires de 0.3%, prélevée mensuellement par l’URSSAF.

 

Que je travaille une journée de plus ou de moins dans l’année ne rajoute ou n’enlève pas un euro au financement de la dépendance.

La balle est maintenant dans le camp du Ministre du Travail.

Enfin, je voudrais proposer un sujet de réflexion aux milliers de catholiques qui marchent de Paris à Chartres le week-end de Pentecôte : « Avez-vous conscience que si vous disposez de 3 jours pour pèleriner, vous en êtes redevables, en grande partie, aux combats de syndicalistes dont beaucoup ne partagent pas votre foi ? »

A la semaine prochaine.