CFTC Paris | Les assistants parlementaires votent pour les élections TPE
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Les assistants parlementaires votent pour les élections TPE

Les assistants parlementaires votent pour les élections TPE

Attachée et collaborateur parlementaire. Sous ces statuts « qui n’en sont pas vraiment », Alix Fourier-Jeu et Gonzague de Chantérac œuvrent dans les coulisses de l’hémicycle. Leurs métiers appartiennent à ceux « de l’ombre », mal connus… et mal reconnus sur le plan du droit ! En réaction, ils créent une section CFTC pour les salariés sans convention de l’Assemblée nationale.

« Nous faisons partie des 2 % de salariés en France ne relevant d’aucune convention collective », explique d’emblée Gonzague. Les députés, à l’instar des sénateurs, ont en effet la possibilité de recruter directement des « collaborateurs » aux missions très variées, allant du secrétariat à la rédaction de discours et d’amendements. Ce qu’ils font par le biais d’un contrat de travail dont ils fixent eux-mêmes les termes. « Voyez les disparités qui en découlent !, présente à son tour Alix. À chaque contrat ses modalités propres. Sans compter que nous sommes près de 2 000 et que certains d’entre nous travaillent pour deux députés… »

Quand l’Assemblée nationale s’empare enfin de la question, Alix et Gonzague choisissent de mener les négociations sous la bannière CFTC et fondent une section. « Un choix naturel en ce qui me concerne, souligne Alix. J’aime cette idée de la CFTC de rattacher les droits non plus au contrat de travail, mais à la personne. J’ai lu cela dans la motion d’orientation, qui m’a complètement convaincue par son caractère à la fois novateur et protecteur – une alliance rare. » Pour cette jeune mère active, la conciliation des temps de vie est loin d’être un concept abstrait ! Même évidence du côté de Gonzague qui se reconnaît dans les valeurs portées par le syndicat… comme sa mère s’y était déjà reconnue quelques années auparavant !

Les deux jeunes représentants de la CFTC ont alors entamé les discussions avec plusieurs propositions fortes. Priorité parmi les priorités : le temps de travail.

Actuellement sous le régime des 35 heures avec 5 semaines de congés, les collaborateurs de députés ne bénéficient pas de RTT.

« Ce n’est absolument pas représentatif du temps de travail effectué, précise Alix. La souplesse est inhérente à ce métier, nous allons bien au-delà de ces horaires ! Des compensations existent bien sûr, mais elles sont laissées à l’appréciation de chaque député-employeur. Il faudrait juste les objectiver. » Et Gonzague de poser l’épineuse question du droit à la déconnexion : « En tant que juriste, au service d’un député, je me dois d’être là quand il en a besoin ! Veille, dépôt d’amendements… Notre travail ne peut s’arrêter net aux frontières du week-end et des vacances ! » Il en conclut que « seule la négociation d’un forfait-jours, assorti de la reconnaissance d’astreintes »  fournirait un cadre plus adapté aux spécificités de leurs métiers. « La CFTC joue le jeu de la négociation, même si le jeu est pour l’instant plutôt restreint », confesse Gonzague.

En effet, il est prévu que l’accord collectif qui sera, selon toute vraisemblance, rédigé à la fin de septembre repose sur la libre adhésion des députés. « Il vaut mieux agir en deux temps, à savoir conclure d’abord un accord, puis chercher à l’étendre à tous les collaborateurs. » « D’où l’importance de mettre en place les modalités de suivi de l’accord, renchérit Alix, et de continuer à se rencontrer régulièrement pour le faire évoluer ». Car la négociation pourrait ensuite être ouverte à d’autres champs, classification des métiers et révision  de la rupture du contrat de travail pour n’en citer que deux. « La négociation actuelle est une étape, l’élément qui a déclenché notre mobilisation, résume Alix. Mais notre visée est de long terme ! Pour nous, il s’agit de faire connaître la CFTC aux collaborateurs et de faire évoluer un métier qui nous passionne. »

Pour celle qui se présente comme « une ouvrière de la politique » et pour Gonzague, chargé de TD de 26 ans qui poursuit sa thèse de droit constitutionnel, impossible de pratiquer cette activité sans un minimum de flamme. « Je suis devenu militant de la CFTC au printemps et je me suis marié cet été… Il semble bien que 2016 soit pour moi une année d’engagements forts ! », Confie-t-il encore.