CFTC Paris | Les grandes figures sociales chrétiennes: Marie-Louise Rochebillard
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Les grandes figures sociales chrétiennes: Marie-Louise Rochebillard

Les grandes figures sociales chrétiennes: Marie-Louise Rochebillard

« Ce fut rude, le mot syndicat n’étant compris que du petit nombre et reconnu, paraît‑il, tout à fait anormal dans l’application, pour de simples femmes, si ce n’est toutefois pour certaines au « cerveau brûlé » ».

 Marie-Louise ROCHEBILLARD – Rapport syndical 1901

Née à CHANGY (près de Roanne) le 4 juin 1860, morte à Lyon le 30 janvier 1936.

Fille de notaire, Marie-Louise travaillera dès 16 ans, par la suite de la ruine de sa famille.

Marquée dès son plus jeune âge par la grève des ovalistes (1869) – la parution, en 1891, de l’encyclique du Pape Léon XIII ; Rerum Novarum ; fut pour elle un véritable déclencheur.

S’appuyant sur les travaux et les actions des chrétiens sociaux, le Pape condamne un système qui plonge la majeure partie de la classe ouvrière dans la misère et la pauvreté.

Il dénonce les excès du capitalisme et le socialisme athée.

En 1899, après avoir pris conseil auprès de la corporation des employés de la soierie Lyonnaise, syndicat ouvrier chrétien, elle crée les deux premiers syndicats féminins en France :

  • le syndicat des dames employées de commerce, dont elle prit la présidence, et le syndicat des ouvrières de l’aiguille Lyonnaise. Quelques temps plus tard, elle fut à l’origine du syndicat des ouvrières de la soie.

Pour Marie-Louise, il s’agissait à la fois de défendre les intérêts des salariées et en même temps d’œuvrer au relèvement matériel et moral des femmes du peuple, par les femmes elles-mêmes.

A l’exception du titre, les statuts de ces 3 syndicats sont identiques.

L’article 2 en cite les buts :

  • Le progrès des adhérentes par la création de cours professionnels.
  • L’amélioration du sort des membres par la protection de leurs intérêts.
  • La création d’offices de renseignement et de bureaux de placement pour satisfaire aux offres et aux demandes de travail.
  • L’organisation d’institutions de prévoyance et d’assistance.

Des statuts aux actes, il n’y a qu’un pas vite franchi par Marie-Louise et son équipe.

Les cours professionnels

Répartis en 11 groupes divisés par quartiers, voici la liste des matières enseignées :

  • Lecture, écriture et grammaire (pour comprendre le contrat de travail que l’on vous fait signer).
  • Calcul (pour vérifier sa fiche de paie).
  • La comptabilité et la sténographie (pour pouvoir évoluer professionnellement).
  • La bourse (pour comprendre les ressorts du système financier).
  • L’anglais et l’allemand (pour s’ouvrir sur le monde).
  • Mais aussi l’histoire (avec projection est-il précisé).
  • Le chant, le solfège, l’enseignement ménager….

A-t-on fait plus moderne à ce jour ?

Création d’un journal féminin

En 1901, Marie-Louise crée un mensuel féminin « Le travail de la femme et de la jeune fille ».

Dès le premier numéro, elle commence son éditorial par « L’heure de la femme a sonné ». A cette époque, une telle déclaration est véritablement novateur, révolutionnaire pourrions-nous dire, mais Marie-Louise n’aimait pas ce terme, synonyme de changements qu’elle appelait de ses vœux, mais aussi de violence qu’elle rejetait.

Une société de secours mutuels

« Pour une cotisation minime de 1,25 francs par mois, les adhérents ont droit au médecin gratuit et au remboursement à 50% des remèdes. Une indemnité journalière de 1 franc pour les trois premiers mois et de 0,50 franc pour les trois mois suivants est versée en cas de maladie. »

Une section des apprenties

 

Marie-Louise fonde également une « section des apprenties ». Elle écrivait en 1904 : « Est-elle assez dédaignée cette question de l’apprentissage ? S’inquiète-t-on suffisamment du petit trottin de treize ans ou de la petite main à tout faire qui doit apprendre son métier ? Il faut s’organiser dans les syndicats pour le développement de l’apprentie et pour la surveillance de l’apprentissage. Les syndicats devraient avoir chacun leurs pupilles. C’est ce que nous tentons dans les nôtres. On peut entrer dans les syndicats à quinze ans révolus, mais on est pupille de treize à quinze ans. »

Bien entendu, lors de la création de la CFTC en 1919, les syndicats féminins créés par Marie-Louise ROCHEBILLARD furent membres fondateurs de la nouvelle confédération chrétienne.

« Soulignons en terminant les caractéristiques de son tempérament qui étaient l’audace, le génie organisateur, la générosité, l’abnégation. » écrivait, en 1936, un journaliste dressant un portrait de Marie-Louise.

On peut y rajouter son attachement profond de raison et de cœur aux valeurs sociales chrétiennes.