CFTC Paris | Les limites de la « politique supermarché »
1091
post-template-default,single,single-post,postid-1091,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

Les limites de la « politique supermarché »

Les limites de la « politique supermarché »

 

 PARLONS CLAIR

PAR JOSEPH THOUVENEL

publié par l’hebdomadaire Famille chrétienne

 

 

La campagne présidentielle est un excellent révélateur de l’état intellectuel et moral de nos élites.

Après la séquence de Toulouse, elle a repris ses droits et ses obsessions conformément au programme des candidats.

Prenons celui de François Hollande. Il commence par cette martiale affirmation « je veux redresser la France » en poursuivant immédiatement par « je veux relancer la production, l’emploi et la croissance »

Puis : « Je veux rétablir la justice » et pour cela « Je veux engager une grande réforme fiscale ».

 

Chapitre suivant : « Je veux redonner espoir aux nouvelles générations ». Comment ? En proposant un contrat pour permettre l’embauche de jeunes par les entreprises.

 

La primauté du matérialisme

 

Pour Nicolas Sarkozy, c’est un peu plus compliqué, puisqu’à ce jour il n’existe pas de programme structuré. Nous connaissons quand même un certain nombre de propositions.

 

En matière d’éducation, par exemple, augmentation des horaires des professeurs en contrepartie d’une meilleure rémunération.

Pour les entreprises, exonération de charges pour celles qui embauchent des chômeurs de plus de 55 ans, création d’un impôt sur les bénéfices minimum pour les grandes entreprises, etc.

 

Aussi intéressantes et utiles que soient les propositions des 10 présidentiables, l’approche est la même, primauté du matérialisme sur tout autre concept.

 

Pas un (ou une) qui ne prenne la peine de déployer son idée de la nation, la conception qu’il ou elle a de l’être humain, du rôle de chacun dans la cité, de la place des corps intermédiaires et au premier chef, de la famille !

 

Le pays a besoin d’un vrai projet

 

Le regretté Pierre Schoendoerffer disait « chacun a sa part spirituelle. L’homme ne vit pas seulement de pain ».

 

Cette dimension n’apparaît dans aucun des programmes.

 

Tous, nous font un catalogue de mesures, certaines utiles voire indispensables, d’autres superfétatoires ou nocives, mais avec un fil conducteur commun : l’engagement est d’abord, voire uniquement, matériel. C’est le supermarché du consumérisme politique, bien loin d’une vision qui partant de la nature profonde des hommes et des femmes, propose un projet collectif, au service de notre pays.

 

Peut-on, y compris quand il s’agit de bâtir la cité terrestre, s’exonérer de poser le problème de la liberté de l’homme et donc de sa responsabilité ? De la raison et de la vérité ? Du caractère sacré de chaque être humain et de l’amour ?

 

Sans base solide, sans affirmation des fondamentaux, tout projet a la consistance et la solidité du sable.

 

Article de Famille chrétienne N1785 du 31 mars au 6 avril 2012