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Les privilèges de la République

Les privilèges de la République


Chronique de J. THOUVENEL du 21.05.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Des observateurs avertis semblent détecter comme un léger malaise entre les Français et leurs dirigeants. Ils seraient 76% à ne pas avoir confiance dans la classe politique et 72% à la juger « plutôt corrompu ».
Dans le même temps plus d’un Français sur deux a une mauvaise opinion des grands patrons.
Si, comme le disait Napoléon Bonaparte, « on ne conduit un peuple qu’en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d’espérance » il ne doit pas y avoir beaucoup d’espérance en magasin.
Et si une partie du rejet de nos élites venait tout simplement du prodigieux fossé existant entre la vie du citoyen lambda et la bulle où s’enferment les grands de ce monde ?
Comme cet ancien ministre, énarque, haut fonctionnaire qui fit toute sa carrière sous les ors de la république et qui découvre la vraie vie à 68 ans pour cause de défaite électorale.
S’épanchant dans le Parisien Magazine, il détaille son aventure : « j’ai toujours été aidé dans ma vie professionnelle » déclare-t-il. « J’avais des collaborateurs autour de moi, y compris pour les aspects les plus matériels de la vie, comme acheter un billet de train ou d’avion et, du jour au lendemain je me suis retrouvé absolument seul ! »
Il a fallu tout apprendre, comme prendre son téléphone pour obtenir un rendez-vous ou utiliser un ordinateur.
Pour lui, il a enfin compris ce qu’était la vie d’un Français quand il a voulu décrocher un rendez-vous à l’hôpital. Parce que ce n’est pas si facile ! Les gens ne sont jamais là, on vous renvoie d’un poste à l’autre.
Mais tous ça le passionne : « c’est très, très intéressant de partager la vie des gens ! » affirme t’il.
Certes, Monsieur l’ex préfet, ex directeur de cabinet, ex ministre et ça serait certainement encore plus intéressant sans les quelques privilège que vous avez conservé comme un chauffeur et un garde du corps.
Je vous assure que si vous faites l’expérience du train de banlieue bondé le matin et du RER de l’angoisse le soir à 23h00, cela va vous fasciner.
Dommage de flirter avec les 70 printemps pour réaliser une telle expérience.
Le problème c’est que pendant des décennies vous avez décidé, tranché, statué, sans connaître la vraie vie des vrais gens.
Drapés dans les dogmes de la République vous tranchiez, loin des réalités du citoyen, vous aviez comme d’autres, oubliés ce que le Marquis de Foucault demandait à la tribune de l’assemblée « que le premier des sacrifices soit celui que feront les grands et cette portion de noblesse, très opulente par elle-même, qui vit sous les yeux du prince, et sur laquelle il verse sans mesure et accumule des dons, des largesses, des traitements excessifs »
C’était dans la nuit du 3 au 4 août 1789, vous savez ? La nuit de l’abolition des privilèges. 

A la semaine prochaine