CFTC Paris | les seuils sociaux
2003
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les seuils sociaux

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Les syndicats fustigent le texte du patronat et jugent un accord de moins en moins probable.

Le patronat proposera un nouveau texte mi-novembre mais souffre de ses divisions.

 

Cela devait être une négociation sur le dialogue social. C’est pour l’instant un dialogue de sourds. Hier, à l’issue d’une deuxième séance de discussions tout aussi houleuse que la première, patronat et syndicats ont de nouveau étalé leurs fortes divergences sur les voies et moyens de moderniser le dialogue social dans l’entreprise. Suppression des délégués du personnel pour les entreprises comptant moins de 50 salariés, création au-delà de ce seuil d’un « conseil d’entreprise » avec les coudées franches pour organiser les sujets de négociation : les syndicats ont réaffirmé leur opposition unanime au texte dévoilé mardi par le patronat (« Les Echos » de mercredi), tandis que ce dernier a réaffirmé la nécessité d’un tel big bang.

Côté syndical, on doute désormais ouvertement que les discussions aboutissent. « On ne voit pas d’issue puisque le Medef ne poursuit qu’un but : détricoter le Code du travail et sortir les syndicats des entreprises », résume Marie-Alice Andrieu-Medeuf (FO), tandis qu’Agnès Le Bot (CGT) pointe, elle aussi, que « le patronat fait tout pour que cela échoue ». Tout aussi critique, la CFDT « garde la volonté de parvenir à un accord », mais indique que « c’est tout sauf gagné ». « Ce n’est pas en passant tout au bulldozer qu’on va avancer », a insisté sa chef de file, Marylise Léon, appelant le patronat à « revoir totalement sa copie » d’ici à la prochaine séance, le 13 novembre.

Le patronat a promis un nouveau texte mais sans donner de gages sur son contenu, ni sur l’éventuel retrait des points les plus polémiques, comme le caractère optionnel de représentants du personnel passé les 50 salariés, qui ne serait, dans le projet patronal, institué que si une majorité de salariés votaient pour. « Un patron qui ne voudra pas de syndicats fera pression sur les salariés », insiste Joseph Thouvenel (CFTC), résumant les craintes syndicales.

 

 

Dialogue social: les syndicats réclament un « changement de braquet total » du patronat

 

La deuxième séance de négociation sur le dialogue social a débuté jeudi dans un contexte tendu, les syndicats réclamant un « changement de braquet total » du patronat après ses propositions choc, mais le Medef s’est voulu ferme, estimant ses propositions « fécondes ».

Le gouvernement espère voir les discussions bouclées avant la fin de l’année. Avec ou sans accord, il est décidé à légiférer pour « lever les verrous » à l’embauche, en limitant les effets de seuil qui créent des obligations aux employeurs en fonction du nombre de salariés.

Mais les perspectives d’un accord sont loin d’être assurées à ce stade. (…)


(…) – ‘Psychodrame habituel’ –

Pour Joseph Thouvenel (CFTC), tout cela relève en fin de compte du « psychodrame habituel », les syndicats criant haro après les premières propositions patronales et le patronat s’engageant à revoir sa copie pour la prochaine séance. En l’état, le texte des employeurs « est imbuvable », a-t-il souligné, évoquant une « séance pour rien ».