CFTC Paris | Lettre ouverte à monsieur Bernard Arnault
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Lettre ouverte à monsieur Bernard Arnault

Lettre ouverte à monsieur Bernard Arnault


Chronique de J. THOUVENEL du 16.04.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Monsieur,

J’ai appris par voie de presse que vous retiriez votre demande de nationalité belge.
Vous aviez « sous estimé l’impact de cette démarche » avez-vous confié à un quotidien.
Vous précisez que cette initiative visait à sanctuariser le groupe que vous avez construit, pas à pas, au fil des décennies, à partir de l’entreprise de BTP de votre père. Cette volonté de préserver l’outil de travail ne peut que parler au syndicaliste que je suis. D’autant plus quand vous y associez le labeur de votre père.
Vous avez grandement raison, la France, votre patrie, c’est-à-dire la terre de vos pères ne s’est pas faite en un jour.
Ce sont des générations et des générations de travailleurs qui en ont fait une des premières puissances mondiales, un pays reconnu pour l’excellence du travail de ses salariés, sa capacité d’invention et de fabrication de produits admirables. Vous, qui êtes à la tête du N°1 mondial du luxe, le savez mieux que quiconque.
C’est pas à pas, que ces savoir faire ont été élaborés, c’est grâce à l’organisation administrative, économique et sociale de notre pays qu’ils ont pu émerger et s’épanouir.
Des moines constructeurs et défricheurs en passant par les paysans tirant de notre terre de quoi nourrir notre peuple et au-delà…
Des maîtres en arts et lettres insufflant savoir et culture à travers le territoire… Sans oublier les forgerons, tanneurs, charpentier, tailleurs de pierres, couvreurs, chaudronniers, géomètres, médecins, marins, etc..,ces milliers de métiers qui permettent à nos entreprises depuis des siècles de se développer en s’appuyant sur une richesse humaine, technique et organisationnelle sans commune mesure. Sans ce que le peuple de France édifie depuis des générations et des générations, ni vous, ni votre père, malgré votre intelligence, votre force de travail, votre inventivité, vos capacités multiples et variées n’auraient pu bâtir ce que vous avez bâti.
En cela vous êtes, comme tous les citoyens de notre pays, infiniment redevable à notre nation.
Et si vous estimez que nos structures administratives sont trop lourdes, l’impôt parfois confiscatoire, la prise de risque pas assez valorisée. Alors, battez-vous !
Comme l’auteur de cette lettre qui écrivait en décembre 1940 :
« Ce que vous me dites me peine mais ne m’étonne pas, cette fonctionnarisation, cet étouffement des initiatives, ce culte du papier, ah ! Nous allons tous en mourir ! »
Et dans une dernière missive en janvier 1941
« Dans l’espoir de vous revoir un jour, mission remplie, France libre et régénérée ! »
Ce n’était qu’un petit capitaine, qui a trouvé la mort dans les sables de Tunisie, parce qu’il avait à cœur de défendre sa patrie, la France.
Il n’a pas fui, n’a pas cherché à sanctuariser ses biens ou sa personne, il s’est battu et s’est sacrifié pour que nous puissions être libre.
Libre d’être à la tête d’une des plus belles entreprises au monde ou libre d’être syndicaliste, mais libre de ne pas renoncer.

 

A la semaine prochaine.