CFTC Paris | Mais comment se fabrique un sondage ?
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Mais comment se fabrique un sondage ?

Mais comment se fabrique un sondage ?


Chronique de J. THOUVENEL du 29.05.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Campagne électorale oblige, la sondagite bat son plein. 

Que veulent les Français ?

Que ne désirent pas nos concitoyens ?

Que redoute le cadre urbain qui utilise sa voiture au moins trois fois par semaine ?

Qu’espère la ménagère de moins de 50 ans ? Active, mère de deux enfants, habitant en zone rurale ?

Et bien sûr, pour qui allez-vous voter ?

 

De doctes analyses sont effectuées par des experts, qui comparent le point gagné par celui-ci ou perdu par celui-là.

 

Dans nos journaux, fleurissent courbes et graphiques, camemberts en points ou en pourcentages, la science veille, la science est là, la science écrit l’avenir.

 

Mais quels sont les secrets de ces instituts qui participent à faire ou défaire l’opinion ?

 

Le premier contact que j’ai eu avec un sondeur fut à l’occasion du travail du dimanche.

 

La CFTC, Radio Notre Dame, RCF et l’hebdomadaire « Famille Chrétienne » voulaient conjointement interroger les Français.

 

Première surprise ! Il faut se battre avec le responsable de l’institut de sondage pour que soit posée la question souhaitée : « Personnellement, seriez-vous d’accord ou pas d’accord pour travailler régulièrement le dimanche ? » est paraît-il une mauvaise question ! Trop fermée !

 

Une bonne question serait : « Êtes-vous favorable à l’ouverture des commerces le dimanche ? ».

 

Effectivement, celle-là n’est pas fermée du tout puisqu’elle enveloppe, en vrac, les grandes surfaces, les centres commerciaux, les marchés traditionnels et votre charcutier.

 

Avec un peu de chance, la question est posée le dimanche matin à l’entrée d’une boulangerie. Verdict de l’oracle : une très forte majorité de Français est favorable à l’ouverture des commerces le dimanche. Notamment les boulangeries !

 

Et voilà comment on manipule l’opinion.

 

Mais ce n’est pas fini ! Chaque sondeur a sa méthode, qu’il considère comme un secret de fabrication aussi mystérieux que confidentiel.

 

Au commencement fut l’échantillon sélectionné : assemblage d’hommes, de femmes, de classes d’âge, de niveau d’études, de profession, de répartition géographique, etc.

 

Plus l’échantillon est important, plus la marge d’erreur est faible.

 

Pour l’échantillon type du sondage électoral de 1000 personnes, âgés de 18 ans et plus, la marge d’erreur est de 3 points, affirme le quotidien Les Echos.

 

A cela, vous rajoutez la méthode de sélection du panel : numéros de téléphones tirés au hasard dans l’annuaire, location de listing, questionnaire Internet, voire système de point cadeau pour les personnes qui acceptent de répondre au sondage, puis vient le temps du redressement – cette pondération maison, sorte d’élixir de vérité dont le secret est jalousement gardé par chaque institut.

 

Et au final :

Vous obtenez un résultat qui semble bien souvent aussi fiable que les prévisions météo pour la semaine prochaine.

 

Et justement ! A la semaine prochaine !