CFTC Paris | NOS VRAIS HEROS
1435
post-template-default,single,single-post,postid-1435,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

NOS VRAIS HEROS

NOS VRAIS HEROS


Chronique de J. THOUVENEL du 19.02.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

A quelques heures d’intervalle le pavillon d’honneur de l’aéroport de Roissy fut le lieu de deux cérémonies bien différentes :

 

  • la première, douloureuse et digne, concernait celui qu’un de ses compagnons d’infortune à qualifié de héros.

  • la seconde, véritable barnum médiatique, était organisée pour fêter le retour d’une jeune écervelée que ses mauvaises relations et le goût de l’argent avaient conduit jusqu’à la prison.

 

Le matin, c’est la dépouille de Yann DESJEUX, assassiné par des terroristes islamistes qui retrouvait le sol de France pour y être enterré.

L’ancien adjudant-chef des troupes parachutistes d’Infanterie de Marine, l’ancien des forces spéciales qui servit son pays lors de la guerre du Golfe, en Bosnie et en Afrique, a trouvé la mort pendant la prise d’otage sur le site gazier d’In Anemas en Algérie.

L’Irlandais, auquel Yann DESJEUX était enchainé, devait déclarer : « il a jusqu’au bout tenté de rassurer et d’épargner les otages étrangers retenus à ses côtés ». « Il a au péril de sa vie, rassuré les otages tout en détournant d’eux l’agressivité des ravisseurs »

Pour un Britannique « l’attitude et le comportement de Yann furent héroïques et de nombreux otages lui doivent la vie ».

Son frère, qui a remercié le centre de gestion de crise du Quai d’Orsay, les qualifiants de « gens exceptionnels », indiquait qu’après l’espérance et la colère vient enfin le temps de l’apaisement ; Yann est rentré. »

« Ses enfants, sa famille et ses amis vont enfin pouvoir se réunir pour se recueillir et lui rendre un dernier hommage. La générosité, la simplicité, le courage et le sens du devoir ont toujours guidé sa vie personnelle et professionnelle »

Pour lui, l’aumônier catholique de l’aéroport était présent, flanqué d’une sous ministre, déléguée auprès du ministre des affaires étrangères.

 

L’après-midi, pour accueillir Florence CASSEZ, dont le principal titre de gloire est d’avoir été victime d’une manipulation politico-policière au Mexique; ce n’est pas moins d’un ancien Premier Ministre, Ministre des affaires étrangères, plusieurs députés et des dizaines de journalistes qui avaient envahi le pavillon d’honneur de l’aéroport.

Emissions spéciales sur les chaines d’info, Tweet de la première dame, déclarations diverses et variées des professionnels de la lutte contre la corruption  en salon et des opérations humanitaires en studio de télévision. Ils y étaient tous ou presque.

 

Personnellement, je suis ravi pour Mlle Cassez que son idylle avec un mafioso basané, vivant dans le luxe au milieu de la pauvreté, ne se termine pas par une condamnation à vie au fond d’une geôle mexicaine.

De là, en faire une héroïne nationale, digne de la reconnaissance de la République, il y a un pas que notre étrange époque a franchi allègrement.

Souhaitons que William SHAKESPEARE ait eu tort lorsqu’il écrivait « les gens sont ce qu’est leur époque. »

 

 

A la semaine prochaine