CFTC Paris | Parole d’expert !
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Parole d’expert !

Parole d’expert !


Chronique de J. THOUVENEL du 26.11.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Les économistes ont noté, que Standard and Poor’s a dégradé la note de France. Nous passons de AA+ à AA.
Dans le même temps, la Grande Bretagne voit sa notation maintenue. Le système Britannique serait-il supérieur au notre ?

Paul KRUGMAN, prix Nobel d’économie, a comparé les projections du fond monétaire international pour la France avec celles effectuées pour l’Angleterre et : oh surprise !
Non seulement la France est moins endettée que la Grande-Bretagne mais l’écart continuera à se creuser dans le futur en notre faveur.

Quand au Produit Intérieur Brut, le fameux PIB, cet indicateur économique incontournable de la production d’un pays, sur une base 100 en 2007, le PIB par habitant est de 97.5 en 2012 pour la France et de 94.5 pour le Royaume Uni.
Soit 3 points de mieux en faveur de la France !

Quand aux projections du FMI pour les années à venir, c’est encore la France qui domine en se redressant  pour passer la barre des 100 en 2015.

Je ne sais si ces prévisions sont justes, mais les mêmes experts, se basant sur les mêmes critères, nous disent que notre pays se porte et se portera mieux que la Grande-Bretagne.
Dans ce cas, pourquoi la note de la France est-elle dégradée et non celle de nos amis et concurrents d’outre-manche ?
Paul KRUGMAN a sa réponse. Pour lui, nous ne savons pas grand-chose des réformes économiques qui engendreront la croissance.
Des gens,  dit-il, dans des institutions comme la commission européenne, parlent avec beaucoup d’assurance de réformes structurelles et des merveilles qu’elles accomplissent, mais les indices à l’appui de cette assurance sont bien maigres.
Et le prix Nobel d’affirmer : «  Je suis désolé, mais je pense que quand l’agence Standard and Poor’s se plaint de l’absence de réformes dans votre pays, ce qu’elle dénonce en réalité, c’est que la France ne se montre pas assez orientée vers l’ultra libéralisme. Le gouvernement Français augmentant les impôts au lieu de tailler dans le vif du système social. » C’est cela qui déplairait aux agences de notation et non la dégradation de critères objectifs.
Pour Krugman, de même que la course à l’austérité n’a en fait rien à voir avec la responsabilité fiscale, l’incitation à une « réforme structurelle » n’a qu’un rapport très éloigné avec la croissance.
Et de conclure : « il s’agit bien plus d’idéologie que d’une analyse économique solide. »

Pour ma part, je ne me permettrais pas d’intervenir dans cette bataille d’expert, mais je poserai une simple question :
Où en serai le « modèle  Anglais » si il ne bénéficiait pas de la rente pétrolière qui assure l’auto suffisance du Royaume Uni en gaz et pétrole depuis les années 80 et permet au gouvernement Britannique d’engranger des milliards de livre sterling ?

A la semaine prochaine