CFTC Paris | Philippe Louis : « La CFTC doit rester représentative »
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Philippe Louis : « La CFTC doit rester représentative »

Philippe Louis : « La CFTC doit rester représentative »

 

Le 29 mars, le gouvernement publiera les scores nationaux obtenus par chaque syndicat. Pour être considéré comme représentatif et avoir le droit de négocier des accords nationaux, un syndicat doit dépasser 8 % des suffrages.

Avec un score qui atteignait 6,4 % en 2005, le syndicat chrétien est le plus menacé.

Philippe Louis, président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), était jeudi 21 mars l’invité de l’émission « Face aux chrétiens », animée par Jean-Michel Blier. Il répondait aux questions de Romain Mazenod (RCF), Louis Daufresne (Radio Notre-Dame) et Nathalie Birchem (La Croix).

« Je peux vous assurer que, pour l’instant, je ne connais pas le résultat. Mais je suis confiant. On devrait dépasser les 8 %. Nous avons fait bien sûr nos propres comptages. Dans les résultats qui nous remontent des entreprises où nous sommes implantés, on fait 18 %. Mais nous ne sommes pas présents dans toutes les entreprises. La CFTC est implantée dans à peu près 40 % des entreprises. Ce n’est pas marginal, mais cela rend un décompte global difficile.

De plus, la réforme date de 2008 et il y a encore des interprétations à lui donner. L’esprit de cette loi, on le connaît : pour avoir le droit de négocier des accords, il faut dépasser un certain pourcentage de voix. À partir de là, il faut être sûr que les salariés qui ont voté sont bien concernés par les accords que négocient les syndicats en leur nom. Or, il y a un certain nombre d’entreprises à statut, je pense à la SNCF ou aux industries électriques et gazières, qui ne sont pas concernées par les accords interprofessionnels.

Notre spécificité, en tant que syndicat chrétien, c’est la référence à la morale sociale de l’Église. C’est aussi la reconnaissance du rôle de l’Église dans la reconnaissance de la condition des travailleurs. Pour ce courant chrétien que nous représentons, qui replace l’homme au centre des préoccupations, on est convaincu que la CFTC doit rester représentative. Notre particularité, c’est aussi le dialogue social. Si on n’est plus là, le syndicalisme risque de prendre une autre direction, est-ce la meilleure ? On le voit bien, en temps de crise, les organisations les plus contestataires ont tendance à prendre le pas.

Il n’y a pas de plan B. Qu’on passe ou qu’on soit recalé, notre position est la même. Il nous faut nous développer pour gagner au moins deux points d’ici quatre ans. Il n’y aura pas de fusion, avec la CFDT ou avec une autre organisation. Fusionner, ce serait abandonner notre spécificité chrétienne et on ne peut pas. »

 

Recueilli par Nathalie Birchem