CFTC Paris | Pour qui voter à la Présidentielle ? par Joseph THOUVENEL
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Pour qui voter à la Présidentielle ? par Joseph THOUVENEL

Pour qui voter à la Présidentielle ? par Joseph THOUVENEL

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Chronique de J. THOUVENEL du 18 avril 2017 sur Radio Notre Dame (100.7)

 

Louis Daufresne : A quelques jours du 1e tour de la présidentielle, vous vous adressez directement au futur président.

Joseph Thouvenel : Je profite des ondes pour y abandonner ; façon bouteille à la mer ; un message aux candidats à la présidence de la République.

Mesdames, Messieurs,

Demain l’un d’entre vous aura la charge de diriger notre pays, la France.

C’est le travail, l’intelligence, l’engagement, l’ingéniosité et parfois le sacrifice de générations successives qui, au cours des siècles, ont modelé notre patrie.

N’êtes-vous jamais tombé sous le charme d’un de ces ponts aussi solide que le roc sur lequel il repose ?

-Oubliée l’imagination constructive de ceux qui l’on pensé et conçu.
-Oublié l’art de ces artisans qui, de la matière inerte, tirent un ouvrage défiant le temps.
-Oubliés les efforts des tâcherons disposant moellons et mortier.

Reste, simple et puissante leur œuvre, bribe d’éternité déposée entre nos mains.

Notre territoire est parsemé de ces ouvrages, du plus modeste au plus grandiose, qui racontent des savoir- faire, des traditions ; une culture.

Celle d’un peuple divers, qui a labouré terres et mers, embrassé la croix avant de s’en éloigner, inventé la chevalerie et la guillotine, le cartésianisme et la chanson de geste.

Un peuple qui a forgé une langue claire, belle, puissante dont les enfants ont pour nom Villon, Rabelais, Ronsard,  Montaigne, La Fontaine, Chateaubriand, Hugo, Madame de Lafayette et tant d’autres.

Notre présent est irrigué par d’innombrables découvreurs, scientifiques, artistes, philosophes issus de cette multitude de paysans, marins, ouvriers, artisans, marchands, patrons qui nous ont précédés.

Futur chef de l’État, vous leur êtes redevable. Ils nous laissent un somptueux héritage, que vous avez le devoir de préserver et d’enrichir au profit des filles et fils de France en devenir.

Dans l’immensité de notre histoire, vous graverez une part de notre destin. La charge est lourde mais elle est noble.

Si elle existe, ne l’oubliez pas, c’est grâce à tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre pays.

Déjà les gestes épiques de Clovis, Bayard, Geneviève, d’Artagnan et autres Jeanne d’Arc disparaissent des manuels scolaires.

Si leur bravoure vous semble trop lointaine, permettez-moi d’évoquer ces fusillés du Mont- Valérien, tombés parce que l’on ne transige pas avec l’abject.

Ce gamin de 18 ans, mort en chantant sur une colline de sueur, de sang et de boue au doux nom d’Isabelle. Là-bas, loin, très loin de chez lui.

Ces Harkis égorgés dans des douars sordides parce qu’ils avaient cru aux promesses de la France.

Je pourrai longuement vous parler de l’adjudant Bannis et du Capitaine Thomas, anéantis avec 56 camarades à Beyrouth.

A l’heure où j’écris ces lignes, dans la cour des Invalides, repose le cercueil d’un caporal-chef de 28 ans, mort au combat face aux islamistes.

Nous savons que parfois ces sacrifices sont nécessaires.

S’ils doivent l’être, que ce soit parce que il n’y a pas d’autre moyen de défendre une bonne et juste cause.

Chef de l’État, vous serez comptable de ce sang versé, de cette jeunesse fauchée, de ces familles détruites, de cette France qui souffre mais qui toujours, s’est relevée.

Soyez en digne !!