CFTC Paris | Quand le corps devient un consommable
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Quand le corps devient un consommable

Quand le corps devient un consommable


Chronique de J. THOUVENEL du 3.12.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Qu’y a-t-il de plus grave que de réduire un être Humain à l’état d’objet, de chose, c’est-à-dire de lui nier son humanité ?
La société doit-elle sanctionner ceux qui participent à l’avilissement d’une personne ?
Tel est l’étrange débat qui agite l’Assemblée Nationale.
Il est étonnant de voir tant d’élus de la République, toutes couleurs politiques confondues, couper les cheveux en 4, 10 ou 80 pour répondre à deux questions aussi simples.
Soudainement, des spécialistes des Droits de l’Homme, des acharnés de la dénonciation des violations des Droits Humains ? Devant micros et caméras, sont d’une discrétion de violette.

Mais quel est donc ce sujet, tellement clivant ? Pour parler comme les cuistres de l’époque. Tout simplement le fait d’acheter ou de louer le corps d’un homme ou d’une femme, plus fréquemment d’une femme  afin d’assouvir  ses pulsions et fantasmes, ce que nos pères qualifiaient des plus « bas instincts ». J’ai nommé : la prostitution.

Cette activité qui génère dans nos villes de véritables esclaves urbains et de substantiels bénéfices pour les salopards qui contrôlent le système.
Tous ceux qui connaissent de près ces problèmes, je pense par exemple à l’association du NID, peuvent témoigner du lien étroit entre prostitution et déshumanisation.
Quand le corps devient un consommable,  c’est toute la personne qui en souffre, chair et esprit.

Le terreau de la prostitution, c’est la misère, financière, matérielle et parfois psychologique.
Qui peut imaginer que ces gamines africaines, chinoises, françaises ou roumaines ont un jour rêvé, souhaité, désiré, être le réceptacle de dizaines de mâles inconnus, à l’hygiène incertain ?
Poser en principe, que celui qui, par son argent, alimente la chaîne d’asservissement, commet un délit, c’est remettre les choses en place.
Observez bien l’échelle des valeurs de notre société : ne pas mettre de l’argent dans un parcmètre est aujourd’hui, sur le plan légal, plus grave que de payer pour posséder un corps humain.
Cela a toujours existé nous dit-on !
Et alors ? la belle affaire !
Le mépris, l’injustice, l’esclavage, aussi ! Ce n’est pas une raison pour ne pas les combattre pied à pied, jour après jour, par toutes les voies possibles.
Qui souhaite pour ceux qu’il aime, qu’un jour ils servent de paillasson sexuel à d’autres ?

Pour ces raisons merci à Maud Olivier et Catherine Coutelle du PS, merci à Guy Geoffroy de l’UMP qui portent devant la représentation nationale un texte de grande qualité en vue d’éradiquer la prostitution.

A la semaine prochaine