CFTC Paris | RER A : Grèves en folie
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RER A : Grèves en folie

RER A : Grèves en folie

Chronique de J. THOUVENEL du 15.12.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

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Bonjour à toutes et à tous,

La ligne A du RER, la plus fréquentée d’Europe, fut récemment fortement perturbée par une grève à l’appel de quatre syndicats.

Les usagers eurent donc à subir, outre les habituelles défaillances techniques, des retards et suppressions de trains dus à cet arrêt de travail.

Plus d’une heure d’attente sur des quais bondés, annonçait une radio concurrente dès potron-minet.

La cause de ce mécontentement : « des consignes managériales inadaptées et dangereuses lors du traitement des objets abandonnés ».

« Certaines valises laissées sur les quais sont ouvertes sans prévenir la police » affirment les grévistes.

Ce à quoi la RATP répond, que lorsqu’un colis suspect est signalé à un membre du personnel, « ce dernier prévient la permanence générale qui demande l’intervention des services de police et quand ceux-ci déclarent un colis suspect, la RATP applique strictement ces consignes ».

Pour éviter ce dialogue de sourds, le code du travail prévoit dans les services publics un délai de 5 jours francs entre le dépôt des revendications auprès de la direction et le début de la grève.
C’est ce que l’on appelle le préavis.
L’objectif de celui-ci est de laisser le temps à la confrontation, au dialogue afin de trouver une solution et d’éviter la grève.
Ce système est renforcé à la RATP par un accord interne dit « d’alarme sociale ».

Alors comment se fait-il que sur un sujet concernant la sécurité des voyageurs et du personnel, on  arrive à un tel blocage ?
Tout simplement parce que dans notre beau service public, tant que ce n’est pas le bazar, les directions estiment qu’il n’y a pas de sujet à traiter.

De l’autre côté, nous trouvons des organisations syndicales pour lesquelles seul compte le rapport de force.

Pas de bonne solution sans bonne révolution ! Comme on disait jadis du côté du KREMLIN.

On ne peut pas dire que ce soit l’imagination au pouvoir.

Car si ce que disent les grévistes est exact, il y a peut-être d’autres formes d’actions que de prendre les usagers en otage et de rajouter une couche supplémentaire à la galère des transports en Ile-de-France :

– Un bon vieux sitting non violent pour bloquer les voitures de fonction de la direction n’aurait-il pas autant d’impact ?

– La grève des actes administratifs au sein de la régie du type plus de distribution de courrier en interne

– Ou encore, la suppression des affichages publicitaires dans les stations et sur les bus ne seraient-ils pas tout aussi payants sans désorganiser le service dû au public ?

J’ai tendance à croire que si, encore faut-il avoir un minimum de sens du bien commun et ne pas se prendre « pour des divas du service public » comme le déclarait une passagère ulcérée.

À force de tirer sur la corde du droit de grève, celle-ci risque de casser.

Il y a malgré tout du positif à la RATP, tenez : du 15 au 17 décembre, des agents de la régie offriront chocolats et stylos, ainsi que des cartes à gratter permettant de gagner des bonhommes de pain d’épices, des porte-cartes, des stylos lumineux ou, je cite : « des boules de neige » dans la limite des stocks disponibles.
Quant à la fondation : groupe RATP, de son côté, elle sponsorise le festival mondial des théâtres de marionnettes.

C’est très bien, mais s’il vous plaît, si nous pouvions avoir des métros et RER à l’heure, ce ne serait pas mal non plus.

À la semaine prochaine !