CFTC Paris | RER de l’angoisse.
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RER de l’angoisse.

RER de l’angoisse.

 

Chronique de J. THOUVENEL du 27.01.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

 

Chers camarades cheminots, je vous écris aujourd’hui, pour vous exprimer ma solidarité suite à l’agression dont fut récemment victime un conducteur de RER.
Comme d’autres, policiers, pompiers, infirmières vous remplissez une mission de service public. Celle-ci, et le sens du devoir qui s’y attachait a été admirablement décrit par Henri VINCENOT dans « Les mémoires d’un enfant du rail ».

Depuis, et c’est bien naturel, le métier a considérablement évolué. Finie la vapeur, le charbon et la suie, le diesel puis l’électricité les ont remplacé. Ces bonds technologiques successifs ont  généré tout à la fois gain de temps et amélioration des conditions de travail.
Je crains toutefois qu’au fil des ans, le statut particulier dont vous bénéficiez en raison des sujétions inhérentes à  votre métier, ne se soit changé en une sorte de mausolée devant lequel le peuple est appelé à s’incliner.

Je sais que ce brave Joseph STALINE, « gloire soit à son saint prénom », déclarait  que : «  la mort d’un homme est une tragédie, la mort d’un million d’hommes est une statistique. »
Mais je n’imaginais pas, qu’après l’avoir célébré avec enthousiasme à l’époque où il faisait bénéficier les foules de sa grande mansuétude, vos principaux dirigeants syndicaux perpétuaient toujours ces pratiques bolchéviques.

Le million d’usagers de la ligne A du RER, bloqué brutalement, sans avertissement, il y a quelques jours, représente peut-être qu’une statistique pour certains, ce sont surtout des hommes et des femmes, qui ont eu à affronter d’énormes difficultés parfois insurmontables.
Chers camarades, si la grandeur du syndicalisme consiste à défendre le plus faible et à traquer l’injustice là où elle se trouve, j’angoisse à l’idée de vous retrouver un jour conduisant un train électrique au pays des schtroumpfs.

Les policiers agressés, les pompiers caillassés, les infirmières brutalisées, ne cessent pas instantanément toute activité parce qu’ils sont victimes de violence. Ils ont visiblement un autre sens des responsabilités que le vôtre.

A votre décharge l’exemple du « chacun pour soi » vient souvent d’en haut.

Que penser de cette administration qui refoule les candidats à l’agrégation arrivés en retard du fait de la fermeture du RER. Ce sont des dizaines de femmes et d’hommes qui travaillent durement depuis des mois, en vue de passer un concours et que l’on renvoie d’un revers de circulaire, sans considération pour les circonstances exceptionnelles qui ont entrainé leur retard.

Ce manque d’humanité, cette incapacité à s’adapter aux événements, cette lâcheté administrative est,  elle aussi digne de la bureaucratie soviétique.

Et ce sont ces maîtres du règlement, experts en ouverture de parapluie, spécialistes du courbage d’échine que l’on veut substituer aux parents pour éduquer les enfants.

Cela me fait le même effet que si l’on vous demandait, chers camarades, d’apprendre à mes enfants le sens du bien commun !

À la semaine prochaine !