Durant cette curieuse campagne présidentielle, s’il est beaucoup question d’économie et un peu moins de social, le thème du travail en lui-même est peu abordé. Pourtant, il s’agit d’un élément central de la vie de chaque être humain. Mais la difficulté est sans doute de savoir de quoi l’on parle réellement.

Que met-on sous le mot «travail» ?

Pour le chrétien, travailler, c’est participer à l’œuvre commune. L’homme se construit par le travail ; à l’image du Dieu Créateur, il met sa marque sur l’univers, et il se donne le cadre de son existence. Encore faut-il que le travail puisse être une œuvre, c’est-à-dire un acte réfléchi et décidé – ou co-décidé – par le travailleur, faute de quoi il fait de l’homme une machine, un simple instrument.

Le travail est source de lien social : chacun travaille avec et pour les autres. Selon cette acception, les parents qui élèvent leurs enfants travaillent et les bénévoles qui encadrent des troupes scoutes le dimanche travaillent.

Il est donc très important de faciliter la conciliation entre la vie professionnelle, la vie personnelle et la vie familiale, d’où par exemple le combat pour la sauvegarde du repos dominical, ce temps où la production et la consommation sont entre parenthèses pour permettre la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle. Il s’agit là d’un véritable choix de civilisation, qui affirme dans l’organisation de la société elle-même que l’Homme a une autre dimension que la dimension simplement matérielle.

Bien évidemment, le travail rémunéré, qui permet d’être autonome et de fonder une famille, est essentiel. C’est pour cette raison que l’ambition de tout politique doit être d’assurer le plein emploi

Respecter la dignité du travail