CFTC Paris | Sous l’influence de partis chrétiens, les Pays-Bas veulent limiter le travail dominical
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Sous l’influence de partis chrétiens, les Pays-Bas veulent limiter le travail dominical

Sous l’influence de partis chrétiens, les Pays-Bas veulent limiter le travail dominical

Lorsque la France vient d’étendre l’ouverture des magasins le dimanche, les Pays-Bas, où le travail dominical est permis sous certaines conditions depuis 1996, veulent faire marche arrière. Poussée par les partis chrétiens qui la composent, la coalition gouvernementale entend modifier la loi pour mieux encadrer cette pratique.

Les commerçants néerlandais peuvent ouvrir leur établissement douze dimanches par an, mais autant de fois qu’ils le souhaitent si la commune où ils se trouvent a opté pour le statut de zone touristique. La totale liberté laissée aux municipalités sur le choix de ce statut est, selon les détracteurs de la loi, la principale cause des excès observés.

« De nombreux abus ont été constatés », explique une porte-parole du ministère des affaires économiques, Marian Bestelink. Sur les 443 communes que comptent les Pays-Bas, 160 permettent aux commerces d’ouvrir le septième jour de la semaine.

Dans ce pays marqué par le calvinisme, « ce sont surtout les communes dont les habitants sont très religieux qui l’interdisent, car elles craignent que cela ne dérange les croyants se rendant à la messe », note Gjalt Rameijer, de l’Association des communes néerlandaises (VNG).

Si l’attractivité des plages de la mer du Nord ou des canaux d’Amsterdam ne suscite guère de doute, certaines municipalités ont choisi artificiellement le statut de zone touristique afin d’être libérées de toute restriction sur le travail dominical.

A Almere, petite ville du centre du pays, « aucun touriste ne met jamais les pieds et, pourtant, les magasins sont ouverts le dimanche ! », témoigne Eus Peters, un responsable de la Fédération néerlandaise des petites et moyennes entreprises (MKB). Loin de critiquer ce système, il aimerait voir la pratique s’étendre. « Pourquoi ne pourrait-on ouvrir les magasins que pour les touristes et pas pour les clients néerlandais ? C’est discriminatoire », s’insurge-t-il.

LES SYNDICATS FAVORABLES

Pour le gouvernement, la loi actuelle nuit à la qualité de vie. Un projet de réforme sera débattu au Parlement, probablement cet automne. « Les communes devront argumenter avec précision leur décision de se déclarer zone touristique, sur la base des revenus et du nombre d’emplois générés par le secteur touristique ou du nombre de visiteurs, par exemple », explique Marian Bestelink, la porte-parole du ministère des affaires économiques. Commerçants et citoyens pourront aussi contester la décision de la commune en justice, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.

Les syndicats applaudissent. « La plupart des activités sociales ont lieu le dimanche et, par principe, nous ne sommes pas favorables au travail dominical », rappelle Paulus Plas, du FNV, la plus grande centrale syndicale des Pays-Bas. « L’argument de l’emploi est souvent avancé par les employeurs, mais ce sont surtout les grands magasins, qui ont assez de personnel, qu’une ouverture le dimanche arrange. Les petits commerces s’en accommodent plus difficilement », poursuit-il.

Les syndicats exigent aussi des contreparties financières pour les salariés, lesquelles ne sont pour l’heure pas obligatoires : « Cela dépend de la convention collective de travail. Or les syndicats ne sont pas très forts dans le commerce de détail », souligne Paulus Plas.- (Intérim.)

 

Article paru dans l’édition du 15.08.09