CFTC Paris | Sport: quand le business dicte sa loi
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Sport: quand le business dicte sa loi

Sport: quand le business dicte sa loi

Chronique de J. THOUVENEL du 06.09.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

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Joseph Thouvenel : « Bonjour Louis. »

Louis Daufresne : « Vous allez aujourd’hui nous parler des Jeux Olympiques. Alors, il y a eu les Jeux Olympiques des valides et puis il y a les Jeux Paralympiques. Et si vous en croyez la directrice générale de France Télévision publicité « les JO, c’est la quintessence des valeurs du sports  et  cela véhicule tout un imaginaire collectif ». On va voir ce que vous en pensez. »

Joseph Thouvenel : « Eh oui, c‘est tellement vrai que le directeur délégué du sport de France Télévision parle lui d’un événement qui illustre « dans une certaine mesure, dans l’imaginaire collectif, la quintessence des valeurs et de ce qui nous rassemble autour du sport ».

Si ces deux spécialistes des médias le disent dans des termes aussi proches, c’est que c’est vrai ou que le même besogneux leur a préparé leurs fiches.

Mais ne mégotons pas, pour une fois qu’un événement philosophique planétaire est sous le feu des médias, nous n’allons pas bouder notre plaisir. »

Louis Daufresne : « Évènement philosophique, sportif vous voulez dire ? Même si celui-ci a eu lieu. »

Joseph Thouvenel : « Mais non pas sportif, philosophique Louis, j’ai bien dit philosophique car si j’en crois la grande majorité de la littérature diffusée à propose du CIO, le Comité International Olympique, celui-ci est le vaisseau mère de l’olympisme qui serait avant tout une philosophie humaniste. Cette notion est d’ailleurs définie dans les principes fondamentaux de la charte olympique comme « une philosophie de vie exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels ».

C’est beau, c’est grand et c’est d’application à géométrie variable. »

Louis Daufresne : « Qu’est-ce que vous voulez dire par géométrie variable ? »

Joseph Thouvenel : « Et bien tout simplement que quand il s’agit des sportifs valides, les millions pleuvent, les médias se précipitent. Pour Rio, par exemple, France Télévision avait 70 journalistes, 30 consultants, 700 heures d’antenne et 16 prime-time. Deux semaines plus tard, pour les Jeux Paralympiques, que reste-il de ces moyens ?

Pour le temps d’antenne, c’est 7 fois moins ! En hausse par rapport à il y a 4 ans, mais 7 fois moins quand même ! « La valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels ». Ne voudraient ils pas qu’il n’y ait qu’une seule olympiade mêlant valides et handicapés ? En quoi est-il gênant de se faire succéder dans le même bassin Florent Manaudou, puis Charles Rozoy déjà médaillé d’or handisport sur le 100m papillon en 2012 ?

Rien ne s’y oppose, il suffit de rallonger la durée de l’olympiade

Sauf que « ce territoire d’innovation inégalée pour les marques » qui promet aux annonceurs de « s’associer à un évènement premium, en le faisant de manière différenciante, moins intrusive et plus servicielle » je cite, comme on peut le lire dans « Cube » le magazine de France Télévision publicité ; ce territoire est aujourd’hui accaparé par la publicité et les marques, qui n’ont aucune envie de voir leur image associée à un trisomique ou à un aveugle.

Les beaux discours contre la discrimination, tant que vous voudrez, mais il ne faut pas que cela nuise au business.

Comme le dit si bien la directrice générale de France Télévision publicité « Notre engagement aux côtés des annonceurs et des agences médias est plus fort que jamais. »

Louis Daufresne : « Joseph Thouvenel, Merci »