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Traité de libre échange transatlantique

Traité de libre échange transatlantique

Chronique de J. THOUVENEL du 26.01.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

Bonjour à toutes et à tous,

7752482089_l-ambassade-americaine-a-paris.jpgAvez-vous entendu parler du « TAFTA » ? Non pas le tissu soyeux, mais le Traité de libre échange transatlantique?

Le but : créer entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe, un marché commun de 820 millions de consommateurs.

Premier sujet : ces négociations se déroulent dans le plus grand secret.

Les parlementaires Européens qui désirent des informations sur ce projet sont contraints de se rendre à l’ambassade des Etats-Unis, dans une pièce ultra-sécurisée, avec interdiction d’y entrer tout appareil permettant de scanner les documents.

Tout juste l’heureux élu peut-il prendre des notes sur des feuilles qui lui sont fournies.

Recopier à la main des centaines de pages de textes juridiques en anglais, on ne fait pas plus simple pour assurer la transparence et l’information !

Subsidiairement, on pourrait suggérer à la commission l’acquisition d’une pièce où le petit peuple intéressé pourrait consulter les documents liés à ces tractations.

Je sais, c’est peut-être trop demander à une institution au budget annuel de seulement 145 milliards d’euros.

Si un auditeur possède : chambre de bonne, soupente ou autre cagibi aménageable du côté de Bruxelles ou Strasbourg, écrire à Monsieur Jean-Claude JUNKER, Président de la commission européenne, cela pourrait lui rendre service.

Malgré ces précautions, des informations filtrent.

Nous savons notamment que les têtes qui pensent pour nous proposent de mettre en place un système d’arbitrage international.

Le but : permettre aux entreprises transnationales de poursuivre des Etats si n’était pas satisfait, je cite : leurs « attentes légitimes ».

Pourquoi une juridiction spéciale ?

Pourquoi un motif aussi vague ?

Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est ce qui n’est pas dans le projet d’accord :

– rien sur les normes sociales.

– rien sur les normes financières.

Vouloir faire jouer la même partie à deux équipes avec des règles différentes, il y a comme un problème.

Quand, d’un côté de l’Atlantique, nous finançons encore une politique familiale et de l’autre, rien ! L’avantage économique est clairement pour le moins disant social.

Bonne occasion de faire irrémédiablement disparaître ce qui reste des allocations familiales avec un argument majeur : surcoût dans un marché ouvert.

Vous noterez qu’un certain nombre de personnes, qui estiment « abominable » le gavage des oies, se désintéressent totalement du sort des travailleurs et de leur famille.

Chacun a ses priorités !

Du côté des normes financières, rien !

Pourtant la crise des subprimes devrait nous servir de leçon. Sauf à vouloir laisser la finance aux mains cupides des joueurs du grand casino mondial, nous avons besoin d’une véritable gouvernance financière.

Et si certains considèrent que ce « TAFTA » sera positif pour tous, qu’ils le sortent de la chambre des secrets et le mettent en pleine lumière, que nous puissions en juger.

À la semaine prochaine !