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Ultimatum patronal

Ultimatum patronal

Chronique de J. THOUVENEL du 26.04.2016 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

Bonjour à tous et à toutes,

cdd.jpgC’est un ultimatum que Pierre GATTAZ, le patron des patrons, a lancé au gouvernement en donnant trois semaines à l’exécutif pour profondément corriger le texte de la loi travail dite El Khomri, sous peine de voir le MEDEF quitter la négociation sur l’assurance-chômage.

La raison ? L’annonce par le Premier Ministre d’une surtaxation de certains CDD, les contrats à durée déterminée. Le but : diminuer le nombre de ceux-ci en renchérissant leurs coûts.

Si un certain nombre d’entreprises ne dévoyaient pas l’utilisation de ces contrats, nous n’en serions certainement pas là.


Un CDD pour les vendanges oui, pour le remplacement d’un congé maternité certainement, mais pour occuper un poste fixe et pérenne cela doit être non !


Le mauvais exemple venant parfois d’entreprises étroitement liées à l’Etat comme la Poste, rien ne justifie qu’un facteur galère de CDD en CDD pendant des années. C’est maintenir de façon anormale quelqu’un dans la précarité car comment louer un appartement, obtenir un prêt bancaire quand on apporte comme garantie un contrat se terminant quelques mois plus tard. Impossible !


Si sur le fond, il y a  un vrai sujet, sur la forme Manuel Valls a commis un impair en s’immisçant de façon maladroite dans une négociation entre partenaires sociaux.


Cela justifie t’il le chantage des employeurs ?


En février, patronats et syndicats gestionnaires de l’UNEDIC ont engagé une négociation sur les règles de l’assurance-chômage, date limite le 30 juin 2016, jour où expirera l’actuelle convention régissant le système. L’enjeu : l’indemnisation des chômeurs.


C’est la vie de millions d’hommes, de femmes, de familles dont il s’agit, le tout sur fond d’un déficit cumulé de près de 26 milliards d’euros. De tels enjeux appellent à la responsabilité, c’est là où la position du MEDEF me choque. Qu’il fasse part de son mécontentement soit, mais risquer de faire exploser le système d’indemnisation du chômage, c’est avoir bien peu conscience de ces obligations sociales et économiques.


Vous me direz, c’est une posture pour faire plier le gouvernement, un jeu de négociation. Possible, mais il y a un moment où on ne joue pas avec le bien commun, où on est capable de prendre de la hauteur, de sortir de la théâtralité du principe de communication pour agir en responsable.


L’enjeu: démontrer que malgré les difficultés et une certaine exaspération on est capable d’être et d’agir différemment dans l’intérêt du pays et de nos concitoyens. Sur ce plan, les syndicats ne sont pas exemplaires je le sais, mais ce n’est pas une raison. C’est au contraire l’occasion d’affirmer la capacité des partenaires sociaux, ou du moins d’une partie de ceux-ci, à traiter de l’essentiel sans se laisser perturber par l’accessoire.

Comme le disait Gustave Lebon « l’anarchie est partout quand la responsabilité n’est nulle part »

A la semaine prochaine