CFTC Paris | Un grand Monsieur du social, pratiquement inconnu.
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Un grand Monsieur du social, pratiquement inconnu.

Un grand Monsieur du social, pratiquement inconnu.

Chronique de J. THOUVENEL du 13.10.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

juleszirhnel.jpgLe 9 novembre 1876, naissait une des grandes figures du syndicalisme français : Jules ZIRNHELD.

Ce nom vous est inconnu ? C’est normal !

Jules ne fut jamais dans les petits papiers des laudateurs de l’histoire sociale à sens unique. Il fut même de ceux qui estiment qu’il n’y a pas de sens de l’histoire et qu’avec le marxisme, la classe ouvrière a connu un grand bond en arrière.

Comme dans le même temps, il condamnait le capitalisme sauvage et ce tour d’illusionnisme qui consiste à nous faire croire que le marché est capable de gentiment s’autoréguler, vous comprendrez que, d’un bord comme de l’autre, on gomme le souvenir de celui qui déclarait :
« Je suis né dans le peuple et dans ce qu’il a de plus profond ».

Jules décrit sa jeunesse comme rude : « Il fallait vivre à cinq, avec 5 francs par jour, l’espace vital était limité, la nourriture souvent insuffisante ».

A 15 ans, il est employé dans un établissement de soierie tout en participant activement aux missions d’apostolat de l’association Saint Benoît Labre.

Dès 16 ans, il adhère au syndicat chrétien des employés du commerce et de l’industrie.

Face à la double intolérance cégétiste et patronale, il plaide avec éloquence la cause du syndicalisme chrétien.

« Que les adhérents professent une religion, que les statuts se réfèrent à la doctrine sociale chrétienne, en quoi cela gène-t-il la liberté d’action du syndicat ? » répond-t-il aux zélateurs d’une laïcité dévoyée.

Le 2 novembre 1919 est créée la CFTC – Confédération Française des Travailleurs Chrétiens.

Jules ZIRNHELD en devient le premier Président.

« Pas de démagogie ! Pas de déviation politique ! Un syndicalisme libre, professionnel, familial et d’inspiration chrétienne, capable d’intervenir durement, quant il le faut, pour de justes salaires et d’équitables conditions de travail » tel est le credo du nouveau Président.

La CFTC revendique le respect du repos dominical, participe aux formidables conflits textiles du Nord, à ceux des métallos de Saint-Etienne.
Mais en toutes occasions, ZIRNHELD défend la conciliation, la négociation. La grève doit être le dernier recours. Il condamnera les grèves à caractère politique déclenchées par la CGT, actionnées par le Parti Communiste.

Dans les années 1930, ZIRNHELD et son équipe élaborent un projet visant à répondre à la crise.
Jules en donnait l’inspiration générale par ces mots : « Au-delà du capitalisme ? Pas seulement. Au-delà du matérialisme ».

Rappel des valeurs fondamentales et ligne d’équilibre, évitant le double écueil de l’anarchie libérale et de l’étatisme socialiste.

En 1936, les lois sur les conventions  collectives, la conciliation, les délégués du personnel sont sans doute les plus belles et les plus méconnues des victoires CFTC !

Ce qui permis à ZIRNHELD de clamer sa fierté de voir : « Une organisation socialiste et communiste, un gouvernement de front populaire ne point trouver mieux à faire que de renoncer à leur plan et à leur programme pour réaliser le programme et le plan du syndicalisme chrétien ».

A la semaine prochaine.