CFTC Paris | une loi « sociétale » est-elle une loi éternelle?
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une loi « sociétale » est-elle une loi éternelle?

une loi « sociétale » est-elle une loi éternelle?


Chronique de J. THOUVENEL du 28.05.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Il paraîtrait, aux dires de certains, que jamais, non jamais, une fois adoptée une loi dite sociétale n’a été abrogée.
On peut lire cette péremptoire affirmation sous la plume d’éminents observateurs de la vie politique française comme sous celle de parlementaires toutes couleurs politiques confondues.
Une fois de plus, les sachant officiels ne savent pas grand-chose ! Prenons par exemple la condition de la femme et plus précisément son autonomie financière.

Au XIII Siècle, par exemple, les femmes avaient le droit d’ester en justice, d’être propriétaire de leurs biens et de gérer leur patrimoine, le tout indépendamment de leur mari, telle était la loi ! Le vent mauvais de l’histoire étant passé par là…

Les femmes furent dépouillées de leurs droits. Juridiquement elles devinrent d’éternelles mineures, sous l’autorité permanente du père ou de l’époux.
Ce n’est qu’en 1965, que la femme Française retrouva la possibilité de gérer elle-même ses affaires comme par exemple ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de son mari. Sauf à estimer que l’indépendance financière des femmes n’est pas une avancée sociétale, il est indéniable que les lois, la reconnaissant, ont déjà été remises en cause c’est-à-dire abrogées.

Deuxième exemple à l’attention de nos éminents spécialistes : le repos dominical.

Depuis des siècles, le dimanche était un temps ou sauf  travaux agricoles le nécessitant et organisation de foires ou de marchés ;  on ne travaillait pas. C’est en 1793, sous la terreur, que ce temps de repos collectif indispensable a la vie familiale, personnelle,  associative et spirituelle a été supprimé avec le soutient de quelques lumières. Charles Louis de Seconda, baron de La Brède et de Montesquieu, plus connu sous le simple nom de Montesquieu condamnait au nom de la morale, le repos du dimanche, ce jour oisif. Voltaire, quant à lui, n’en voulait pas et ce, au nom de l’économie,  comme quoi les lumières peuvent être très très mal éclairées.

Il fallut plus d’un siècle de souffrance ouvrière, un siècle de révolte, un siècle d’infamie sociale, pour qu’enfin en 1906 le principe du repos dominical retrouve droit de cité dans notre législation et encore, tant d’exceptions étaient prévues que l’on peut estimer que ce n’est qu’en 1919 que le repos du dimanche fut véritablement rétablit dans les textes.

C’est grâce au bon sens, au courage, et à l’acharnement d’hommes et de femmes d’horizons différents, des chrétiens sociaux aux socialistes que nous retrouvâmes la liberté du repos dominical. Deux raisons principales expliquent cette victoire sociale : la justesse du combat et l’esprit de résistance des partisans du dimanche non travaillé qui permit de surmonter les difficultés, les incertitudes et les mensonges de l’adversaire.


A la semaine prochaine.